POLITIQUE
23/02/2020 17:29 EST | Actualisé 24/02/2020 09:59 EST

Le ministre Roberge offre ses «excuses sincères» au professeur Weinstock

M. Roberge a également invité le professeur Weinstock à participer au prochain forum.

THE CANADIAN PRESS/Jacques Boissinot
Jean-François Roberge (photo d'archive)

Quelques jours après avoir présenté des excuses plutôt mitigés au professeur Daniel Weinstock, le ministre de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur, Jean-François Roberge, se reprend et lui offre ses «excuses sincères» pour l’avoir écarté, à titre d’expert, du forum de consultation sur la révision du cours d’éthique et de culture religieuse.

Par la même occasion, M. Roberge l’a invité à participer au prochain forum.

«Je tiens à affirmer publiquement que le ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur souhaite l’entendre de nouveau et j’espère qu’il pourra intervenir et présenter sa conférence et son point de vue en tant qu’expert lors du prochain forum prévu, comme il l’a fait lors du forum de Québec», a écrit le ministre dans un communiqué publié dimanche en fin d’après-mdi.

Dans ce communiqué, le ministre reconnaît que «M. Weinstock, qui enseigne à l’Université McGill, nous a apporté, dans le cadre du forum de Québec, un éclairage pertinent et enrichissant en ce qui concerne la place de l’éthique dans le cursus scolaire».

Considéré comme un expert en la matière, Daniel Weinstock devait participer en tant que conférencier à un forum sur l’avenir du cours d’éthique et culture religieuse (ECR), mais le ministère a retiré son invitation, peu après la publication, mercredi dernier, d’une chronique assassine et erronée de Richard Martineau, dans le Journal de Montréal.

La chronique qui a mis le feu aux poudres faisait référence à des propos prêtés à M. Weinstock au sujet de l’excision des petites filles, au cours d’une conférence tenue en 2012. M. Martineau a conclu des propos tenus à l’époque par l’universitaire qu’il favorisait «l’excision symbolique» des filles pratiquée par des médecins québécois.

Vendredi après-midi, en marge d’une conférence à Montréal, M. Roberge avait fait «amende honorable», en admettant que les choses auraient dû se passer autrement.

«On aurait dû communiquer avec lui directement», a convenu M. Roberge en point de presse, en précisant qu’il s’était entretenu le matin même avec le professeur et que la conversation avait été «cordiale».

Dans son édition de samedi, Le Devoir mentionnait que M. Weinstock envisageait de poursuivre le ministre pour atteinte à sa réputation.

L’opposition libérale avait dénoncé l’attitude jugée «cavalière» affichée par le ministre Roberge. La porte-parole libérale en éducation, la députée Marwah Rizqy, y voyait «une attaque à la liberté académique» et un geste «honteux» de la part du ministre Roberge qui devait, selon elle, présenter ses excuses publiques au professeur.

À VOIR AUSSI: Un enfant en difficulté d’apprentissage «placé» dans la mauvaise école