POLITIQUE
15/09/2020 16:03 EDT | Actualisé 15/09/2020 16:12 EDT

Le ministre fédéral Dominic LeBlanc préoccupé par la «division linguistique»

Dominic LeBlanc dit qu’il n’est pas surpris de voir Blaine Higgs réélu et majoritaire cette fois.

THE CANADIAN PRESS/Adrian Wyld
Dominic LeBlanc dit qu'il n'est pas surpris de voir Blaine Higgs réélu et majoritaire cette fois.

OTTAWA — Le représentant du Nouveau-Brunswick au sein du conseil des ministres de Justin Trudeau s’inquiète de «la division linguistique» constatée dans le résultat de l’élection provinciale de lundi.

Dominic LeBlanc dit qu’il n’est pas surpris de voir Blaine Higgs réélu et majoritaire cette fois. Il croit que c’est la gestion de la pandémie dans la petite province grandement épargnée par la COVID-19 qui a assuré aux progressistes conservateurs cette victoire.

Cependant, le gouvernement Higgs n’a qu’un seul élu francophone, Daniel Allain, dans Moncton-Est. Et cette situation inquiète «un peu» le ministre LeBlanc.

«Quand je pense aux premiers ministres conservateurs, que ce soit Bernard Lord, que ce soit Richard Hatfield, ou même David Alward, on n’a pas vu ce genre de division-là. Alors comme Acadien et quelqu’un qui représente une circonscription fédérale majoritairement francophone, ça m’inquiète», a confié M. LeBlanc à son arrivée à une réunion du conseil des ministres mardi matin, à Ottawa.

Le ministre se console en constatant que l’unique élu conservateur francophone, M. Allain, est «un de (ses) amis de longue date» auquel il a parlé lundi soir, et avec lequel il compte travailler «sur les questions importantes pour le Nouveau-Brunswick».

Par ailleurs, le ministre fédéral ne croit pas qu’il y a des leçons à tirer pour son propre gouvernement minoritaire dans la victoire de M. Higgs.

«Moi je pense que ce serait dangereux de tirer des leçons d’une élection provinciale de quatre semaines (...) dans une petite province qui a été épargnée (par la pandémie) à comparer à d’autres régions du pays», à son avis.

«Alors, non. Moi je ne pense pas qu’il y a des leçons à tirer», a-t-il tranché, qualifiant même l’idée de «naïve».

Selon lui, ceux qui ont misé sur des résultats provinciaux pour espérer des gains au fédéral se sont souvent trompés.

Il a cité, entre autres, l’épisode néo-démocrate alors que les troupes de Thomas Mulcair croyaient, en 2015, profiter de l’arrivée au pouvoir de Rachel Notley en Alberta.

«L’histoire est jonchée de gens (...) qui ont faussement assigné un sens à une élection provinciale», a-t-il noté. «Les circonstances au Nouveau-Brunswick étaient uniques», a-t-il souligné.

Si le ministre LeBlanc a offert son analyse aux journalistes, Justin Trudeau, qui s’est arrêté au même micro, s’en est tenu à une courte déclaration de circonstance.

«Je veux féliciter le premier ministre Higgs pour sa réélection au Nouveau-Brunswick. On s’est parlé hier soir et on s’engage à continuer de travailler ensemble pour protéger les gens du Nouveau-Brunswick et collaborer pour contrer la COVID-19 partout au pays, tout en relançant l’économie», a déclaré M. Trudeau.