POLITIQUE
22/08/2019 11:46 EDT | Actualisé 23/08/2019 07:48 EDT

La Chine à l'ordre du jour de la visite au Canada de Mike Pompeo

Le secrétaire d’État américain réitère la promesse d’aide américaine pour faire libérer les deux Canadiens détenus en Chine.

Chris Wattie / Reuters

OTTAWA — Le secrétaire d’État américain, Mike Pompeo, réitère la promesse d’aide américaine pour faire libérer les deux Canadiens détenus en Chine depuis l’arrestation à Vancouver d’une dirigeante de la compagnie chinoise Huawei.

En visite à Ottawa jeudi, M. Pompeo n’a cependant pas donné de nouveaux détails sur les efforts américains en ce sens.

Lors d’un point de presse aux côtés de la ministre des Affaires étrangères Chrystia Freeland, M. Pompeo a assuré que son président a exprimé de manière “claire” l’inquiétude américaine à propos du “comportement inapproprié” de la Chine lors de la récente rencontre entre Donald Trump et le président chinois Xi Jinping.

Le secrétaire d’État a également parlé “d’autres activités diplomatiques”, sans les préciser.

Meng Wanzhou attend au Canada qu’un tribunal se prononce sur la demande de son extradition vers les États-Unis pendant que Michael Kovrig et Michael Spavor sont emprisonnés à Pékin. Elle a été arrêtée à la demande de Washington.

Lorsqu’une journaliste américaine a demandé si les États-Unis devraient laisser tomber la demande d’extradition pour faciliter la libération des deux Canadiens, M. Pompeo lui a reproché de jouer le jeu de la Chine en liant le sort de ces trois personnes.

Puis, il s’en est pris à une autre journaliste qui évoquait le conflit commercial entre la Chine et les États-Unis. “Vous avez demandé si (Meng Wanzhou) peut servir de monnaie d’échange”, a-t-il protesté, manifestement agacé par la question. “Non”, a-t-il répété à deux reprises.

Plus tôt en matinée, M. Pompeo a rencontré le premier ministre Justin Trudeau à son bureau. Là aussi, il a été question des deux Canadiens retenus en Chine.

“Notre équipe est déterminée à aider à la libération de ces deux Canadiens. La Chine doit respecter ses engagements. Nous nous attendons à cela. Nous y travaillons avec assiduité”, a déclaré le secrétaire d’État durant une courte apparition des deux hommes devant les caméras.

Le premier ministre Trudeau et la ministre Freeland ont remercié M. Pompeo pour les efforts américains.

La situation à Hong Kong

Les sujets de conflits entre Ottawa et Pékin se multiplient depuis l’arrestation de Meng Wanzhou.

Depuis le week-end dernier, la Chine reproche à Ottawa ses commentaires sur la situation à Hong Kong.

Jeudi après-midi, au point de presse de M. Pompeo et Mme Freeland, cette dernière a répliqué aux critiques chinoises.

“Le Canada a un intérêt particulier. Il y a 300 000 Canadiens à Hong Kong. Et c’est naturel et important pour le Canada de faire attention à ce qui se passe là”, a-t-elle noté.

Pressés de ratifier l’ACEUM

Les deux chefs de diplomatie ont insisté sur l’importance de ratifier l’accord de libre-échange entre le Canada, les États-Unis et le Mexique (ACEUM), accord qui a été conclu mais pas encore ratifié, ni à Ottawa ni à Washington.

“La politique ne doit pas se mettre en travers du chemin de cette réalisation monumentale”, a plaidé M. Pompeo.

Le gouvernement canadien attend que le Congrès américain, où les démocrates sont majoritaires, ratifie l’entente avant de la faire approuver par les parlementaires à Ottawa.

D’accord sur tout, sauf la Russie

Contrairement à son voisin américain, le Canada n’est pas prêt à faire du G7 un G8 en y invitant à nouveau la Russie.

Plus tôt cette semaine, Donald Trump a déclaré que la Russie devrait faire partie de ce groupe sélect dont les leaders se réunissent à Biarritz, en France, ce week-end.

La ministre Freeland ne s’est pas empêchée de dire, alors qu’elle était aux côtés de M. Pompeo, que le Canada n’est pas d’accord.

“Je pense que tout le monde sera très heureux d’inviter la Russie à être membre encore une fois du G7, une fois que la Russie va partir de la Crimée, va partir du Donbass. C’est très simple”, a-t-elle exigé.

Vendredi débute à Biarritz le sommet du G7, au cours duquel M. Trudeau et Donald Trump auront l’occasion de reprendre les discussions amorcées à Ottawa jeudi.