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20/02/2020 13:40 EST

Lendemain de débat difficile pour Michael Bloomberg

Elizabeth Warren n'y est pas allée de main morte durant le débat.

George Frey via Getty Images
Mike Bloomberg a rencontré des partisans à Salt Lake City, jeudi.

Enfin descendu dans l’arène des primaires démocrates, le milliardaire Michael Bloomberg a dû encaisser les attaques violentes de ses adversaires lors d’un premier débat télévisé mercredi soir qui a montré les fragilités de sa candidature.

La campagne se poursuit jeudi avant le troisième vote des primaires présidentielles, samedi dans le Nevada, première fois qu’un nombre important d’électeurs latinos et noirs s’exprimeront, après les étapes de l’Iowa et du New Hampshire au début du mois.

“Le vrai gagnant du débat d’hier soir est Donald Trump”, a déclaré jeudi Michael Bloomberg en meeting à Salt Lake City, dans l’Utah. “Car j’ai bien peur qu’on investisse comme candidat quelqu’un qui ne pourra pas l’emporter en novembre. Si nous choisissons un candidat qui ne s’appuie que sur une petite base électorale, comme le sénateur Sanders, ce sera une erreur fatale”.

A ce stade, le “socialiste démocrate” Bernie Sanders bénéficie d’une forte dynamique, en tête des derniers sondages, mais huit candidats restent en lice. Il reste des mois de primaires, jusqu’à la convention d’investiture en juillet.

Cela fait six ans que M. Bloomberg, qui vient de fêter son 78e anniversaire, a quitté la mairie de New York, six années qu’il n’avait plus à croiser le fer en politique. Il était devenu un mécène caritatif et politique très courtisé ―il a donné 10 milliards de dollars à de multiples institutions, à des causes écologistes, anti-armes à feu et pro-immigration, et a financé de multiples candidats démocrates à des élections parlementaires ou locales ces dernières années.

Le patron de l’agence de presse éponyme, neuvième fortune de la planète, est habitué à être accueilli sur un tapis rouge dans les grands conclaves climatiques internationaux, et n’avait à l’évidence plus l’habitude de se faire secouer.

Le coup de Warren

Ses adversaires, à commencer par la sénatrice Elizabeth Warren, ont utilisé le débat de mercredi à Las Vegas pour contrecarrer le déluge publicitaire que Michael Bloomberg déverse depuis son entrée tardive en campagne, fin novembre, à la télévision et sur internet. Sur YouTube, les clips promouvant la candidature de “Mike” sont omniprésents. Il a dépensé, sur ses fonds personnels, plus de 400 millions de dollars, une somme inouïe pour ses rivaux.

Ces dépenses l’ont rapidement fait gagner en notoriété et l’impact se voit dans les sondages: il s’est hissé en février en troisième place de plusieurs enquêtes d’opinion, ce qui fait rager les démocrates qui depuis plus d’un an font campagne sur le terrain, lèvent des fonds à coups de 10 ou 50 dollars, avaient fait huit débats auparavant et ont rédigé d’épais programmes.

“Les démocrates prendraient un risque énorme si on ne faisait que remplacer un milliardaire arrogant par un autre”, a lancé Mme Warren, 70 ans.

La candidature de M. Bloomberg a aussi engagé les démocrates dans un débat risqué sur le capitalisme lui-même, le parti se voyant de facto pris d’assaut par un Bernie Sanders qui n’a jamais formellement adopté l’étiquette démocrate et a dit que les milliardaires ne devraient pas exister, et un milliardaire anciennement républicain qui estime sa richesse bien méritée.

“Les Américains se retrouvent un peu perdus à devoir choisir entre un socialiste qui pense que le capitalisme est la source de tous leurs maux, et un milliardaire qui pense que l’argent est la source de tout pouvoir”, a asséné Pete Buttigieg, ancien maire d’une ville moyenne et représentant l’aile modérée du parti. “Et si on choisissait un vrai démocrate?”

Elizabeth Warren a sans doute réalisé son débat le plus mémorable: elle a fait preuve de pugnacité et de répartie tout en expliquant ce que serait une présidence Warren, focalisée sur une amélioration du niveau de vie des familles financée par un nouvel impôt sur la fortune des très riches, ayant plus de 50 millions de dollars.

“C’est un impôt sur le dixième des 1% les plus riches d’Amérique”, a-t-elle redit, énumérant ses projets: garde, crèche et école gratuite universelle dès la première année de vie, alors que l’école gratuite commence généralement à 5 ans aux Etats-Unis; nouveaux investissements dans les écoles, annulation de dettes étudiantes...

Pour Michael Bloomberg, le premier test électoral aura lieu le 3 mars, quand 14 Etats voteront en même temps. Il ne participe pas au scrutin du Nevada.

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