POLITIQUE
04/07/2019 11:20 EDT | Actualisé 04/07/2019 14:35 EDT

Justin Trudeau annonce 1,3 milliard $ pour le prolongement de la ligne bleue

Le nouveau tronçon devrait être inauguré en 2026.

MONTRÉAL — Ottawa injectera 1,3 milliard $ dans le prolongement de la ligne bleue du métro de Montréal, mais comme cela a été le cas au cours des dernières décennies avec ce dossier, des questions demeurent encore sans réponse.

En dépit de l’annonce effectuée jeudi par le gouvernement Trudeau, Québec n’a pas encore terminé de chiffrer les coûts de cet important chantier. On ignore également combien de résidants du secteur seront expropriés.

Mais “les Montréalais ont assez attendu”, a estimé jeudi le premier ministre Justin Trudeau, en conférence de presse dans le quartier Saint-Michel, où il s’est défendu de jouer la carte de l’électoralisme à l’approche de la prochaine campagne fédérale.

“C’est vrai que cela prend toujours plus de temps que ce qu’on voudrait, a-t-il dit. On voudrait embarquer dans ce métro aujourd’hui. Mais il ne fallait pas tarder pour effectuer cet investissement et c’est exactement pourquoi on le fait aujourd’hui.”

Pour l’occasion, il était accompagné de la mairesse de Montréal, Valérie Plante, de la ministre déléguée aux Transports du Québec, Chantal Rouleau, du ministre du Patrimoine canadien, Pablo Rodriguez, et du président du conseil d’administration de la Société de transport de Montréal (STM), Philippe Schnobb.

Le prolongement de la ligne bleue est attendu depuis plusieurs années et a été annoncé à de multiples occasions par des gouvernements successifs. On n’a pas inauguré une station de métro à Montréal depuis 1988, a rappelé Mme Rouleau.

Les estimations de la Ville de Montréal prévoient que le projet coûtera environ 3,9 milliards $. Or, Québec estime qu’il y aura des dépassements de coûts de 600 millions $ à prévoir, ce qui porterait le coût du projet à 4,5 milliards $ au total.

Mme Rouleau a dit qu’elle ne pouvait que se “réjouir” de l’annonce du fédéral, qui ne représente qu’environ 30 pour cent du coût total estimé, même si l’on ignore avec exactitude la facture de ce prolongement.

“Nous sommes en train de raffiner les coûts, a dit la ministre responsable de la métropole. Il y a certains travaux qui démarrent. Sur les coûts globaux, je ne peux statuer pour l’instant.”

En mêlée de presse, la ministre a estimé qu’il n’était pas risqué d’annoncer la contribution d’Ottawa alors que l’on s’affaire toujours à déterminer les coûts du projet.

À son avis, une facture plus salée n’empêcherait pas Québec d’aller cogner à la porte du fédéral pour demander plus d’argent.

Le risque serait de ne pas avoir de confirmation de financement de la part du gouvernement fédéral, Ce que l'on veut, c'est d'avoir les coûts les plus raisonnables possible. On ne veut pas prendre toute la facture, c'est certain.Chantal Rouleau

En principe, c’est le gouvernement québécois qui devrait assumer le reste de la note. L’administration montréalaise serait toutefois mise à contribution pour d’autres aménagements.

Le projet prévoit cinq nouvelles stations reliant la station Saint-Michel à la station Anjou, dans l’est de Montréal. La construction devrait débuter en 2021 et le nouveau tronçon devrait être inauguré en 2026, selon l’échéancier préliminaire de la Société des transports de Montréal.

L’an dernier, Québec et Ottawa avaient chacun versé 16 millions $ pour la création d’un bureau de projet. Le gouvernement de Philippe Couillard avait versé un montant additionnel de 330 millions $ pour lancer le processus d’acquisition et d’expropriation.

Discuté sous diverses formes depuis 1979, le projet qui verra le jour a été annoncé pour la première fois dans la forme précisée jeudi en 1988, dans le plan de transport du ministre libéral des Transports de l’époque, Marc-Yvan Côté.

Il avait ensuite été annoncé par le premier ministre Jean Charest en 2009 et une troisième fois par le ministre des Transports Sylvain Gaudreault dans le gouvernement péquiste de Pauline Marois.

C’est donc dire que, si l’échéancier de l’annonce est respecté, il aura fallu 38 ans avant que les Montréalais ne voient se concrétiser le projet dans sa forme finale.

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