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05/11/2019 14:14 EST | Actualisé 05/11/2019 20:07 EST

Médicaments et TDAH: la commission parlementaire débute ce mercredi

Le Parti québécois avait proposé un mandat d’initiative à la Commission de la santé et des services sociaux en février dernier et n’a jamais lâché le morceau.

Richard Seagraves via Getty Images

QUÉBEC — C’est mercredi que débutera finalement la commission parlementaire sur la consommation de médicaments pour traiter le trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH).

Mais le président qui est censé veiller au déroulement impartial des débats de la commission a déjà sa petite idée: il hésite à parler de surconsommation.

«Écoutez, j’ai été dans l’éducation pendant plusieurs années, je n’ai jamais vu d’élèves qui étaient en surconsommation de médicaments au niveau du TDAH», a déclaré le député caquiste de Beauce-Nord, Luc Provençal, en entrevue mardi avec La Presse canadienne.

«Cependant, il est possible qu’il y en ait», a-t-il ajouté. M. Provençal a enseigné les sciences pendant 32 ans avant d’être directeur d’école, entres autres à l’école Jésus-Marie de Beauceville.

En février dernier, le Parti québécois (PQ) lui demandait de tenir une commission parlementaire sur «l’augmentation préoccupante de la consommation de psychostimulants chez les enfants et les jeunes en lien avec le TDAH».

Sylvain Gaudreault, député de Jonquière et porte-parole du PQ en santé, estimait que les médecins prescrivaient trop facilement des médicaments aux enfants agités éprouvant des problèmes d’attention et qu’il était temps que les élus s’en mêlent.

Il a déploré en mêlée de presse mardi que ça ait pris 10 mois au gouvernement Legault pour accepter son mandat d’initiative. «On a mis de la pression et on a gagné», s’est-il réjoui. «Les agendas ne concordaient pas», a simplement répondu M. Provençal.

Selon M. Gaudreault, la commission - qui entendra au total une vingtaine de témoins sur trois jours - devra voir comment freiner la surconsommation de médicaments prescrits aux enfants ayant reçu un diagnostic de TDAH.

Les scientifiques vont venir nous dire comment s’explique ce phénomène au Québec par rapport au reste du Canada. Je pense qu’il faut que le politique, les ministères de la Santé et de l’Éducation se saisissent de ce phénomène-là.Sylvain Gaudreault

Pour M. Provençal, il est clair que la question débordera les murs de l’Assemblée nationale. «C’est une affaire de tout le monde», a-t-il commenté.

En février, une soixantaine de pédiatres avaient tiré la sonnette d’alarme dans les médias, convaincus que les médecins prescrivaient trop rapidement et facilement des médicaments aux enfants jugés trop turbulents ou distraits.

Ces pédiatres déplorent «une augmentation inquiétante de la prescription de médicaments pour le TDAH chez nos enfants et nos adolescents», avait relayé le Dr Pierre-Claude Poulin en point de presse.

Il n’est pas acceptable, selon eux, que presque 15 pour cent des jeunes Québécois de 10 à 17 ans se font prescrire des psychostimulants, soit une proportion beaucoup plus importante que partout ailleurs au pays.

Les pédiatres plaident pour une amélioration de l’offre de services psychosociaux aux élèves. Ils demandent aussi de réévaluer les questionnaires menant à un diagnostic de TDAH.

De plus, ils souhaitent qu’un comité formé de l’Ordre des psychologues, du Collège des médecins et de tous les spécialistes visés permette de mettre en commun les connaissances sur le sujet.

Enfin, ils réclament que les élèves aient davantage de périodes d’activité physique à l’école et que le gouvernement finance des campagnes de sensibilisation visant à diminuer l’usage des jeux vidéo et des écrans d’ordinateur.

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