POLITIQUE
15/11/2019 13:47 EST | Actualisé 15/11/2019 17:36 EST

Québec et les médecins spécialistes trouvent un terrain d'entente

«On aime beaucoup mieux soigner que de faire de la politique», a affirmé la présidente de la Fédération des médecins spécialistes.

Le spectre d’une loi spéciale est désormais écarté: Québec et les médecins spécialistes ont réussi à s’entendre vendredi sur l’importance des sommes à retrancher de leur rémunération.

Mais rien n’a filtré du résultat des négociations, qui étaient menées par l’ex-premier ministre Lucien Bouchard, du côté de la Fédération des médecins spécialistes (FMSQ), qui compte 10 000 membres.

La présidente de la fédération, la Dre Diane Francoeur, et le président du Conseil du trésor, Christian Dubé, ont chacun de leur côté annoncé la nouvelle vendredi, au terme d’une rencontre de quelques heures.

“Fini le dénigrement des médecins spécialistes”, a commenté la Dre Francoeur, après sa rencontre avec M. Dubé, en annonçant la nouvelle au millier de collègues réunis en journée de formation au Centre des congrès de Québec.

Si Mme Francoeur a parlé d’une “entente de principe”, M. Dubé a préféré parler dans son communiqué d’une “perspective d’entente”. Quoi qu’il en soit, après rédaction des documents, l’entente finale entre les deux parties devrait être paraphée avant le congé de Noël, conformément au voeu du premier ministre François Legault, qui voulait agir rapidement dans ce dossier.

Il ne voulait même pas attendre les conclusions finales de l’étude commandée sur le sujet à l’Institut canadien d’information sur la santé (ICIS), qui doit être rendue publique en décembre ou au début de l’année prochaine. Cette étude devait servir de base aux négociations.

En début de semaine, M. Dubé avait accentué la pression sur les médecins spécialistes, en affirmant qu’il voulait en arriver à une “perspective d’entente” d’ici ce vendredi.

En mêlée de presse, vendredi, la Dre Francoeur s’est refusée à tout commentaire sur l’ampleur des montants concédés par ses collègues, sous prétexte d’un accord de confidentialité avec le gouvernement. Quant à lui, le président du Conseil du trésor n’a pas tenu de point de presse, se contentant de publier un bref communiqué, qui ne mentionne aucun chiffre.

Sur le fond, le gouvernement a réussi à imposer son objectif, soit de rouvrir l’entente signée avec le gouvernement précédent, qui devait courir jusqu’en 2023.

En campagne électorale, François Legault ne cessait de répéter que les médecins spécialistes québécois étaient beaucoup trop payés. Il s’était engagé à récupérer 1 milliard $ de leur rémunération annuelle, qui avoisine les 5 milliards $.

Depuis quelques semaines, il ne mentionne plus ce chiffre, préférant dire que la rémunération des médecins spécialistes du Québec devait diminuer de 9 pour cent pour équivaloir à celle de leurs collègues des autres provinces canadiennes, soit plusieurs centaines de millions en moins.

Sauf que la FMSQ refuse la prémisse voulant que les spécialistes québécois soient trop payés, alors qu’ils se situent au cinquième rang au Canada, sur le plan de la rémunération.

“Nous sommes dans la moyenne canadienne”, assure la Dre Francoeur.

Sur ce plan, “on est là où on voulait être, dans la moyenne canadienne, pas en haut et surtout pas en dessous comme on était depuis 40 ans”, a-t-elle commenté.

Les chiffres de l’Institut du Québec démontrent qu’effectivement en 2017 le spécialiste québécois gagnait en moyenne 441 180 $, tandis que le spécialiste canadien voyait son revenu moyen atteindre 443 550 $.

Sous l’ancien gouvernement libéral, les spécialistes avaient obtenu d’importantes augmentations, ayant fait valoir alors qu’un “rattrapage” s’imposait pour rejoindre la moyenne canadienne.

Cette semaine, le ministre Dubé disait qu’il cherchait à obtenir des spécialistes des réductions “récurrentes” de leur rémunération.

La Dre Francoeur dit avoir obtenu du gouvernement l’assurance que la totalité des sommes dégagées au chapitre de la rémunération sera consacrée à améliorer les soins aux patients. En parallèle, un institut de la pertinence sera chargé de revoir le bien-fondé des actes médicaux.

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