POLITIQUE
21/10/2019 23:12 EDT | Actualisé 22/10/2019 03:25 EDT

Maxime Bernier est défait dans sa circonscription de Beauce

Les conservateurs l'emportent avec Richard Lehoux.

Jacques Boissinot/The Canadian Press via AP
Maxime Bernier regarde les résultats en compagnie de son épouse, Catherine Letarte.

Le chef du Parti populaire du Canada (PPC), Maxime Bernier, a été chassé lundi soir de son fief de Beauce.

C’est le candidat conservateur (PCC), Richard Lehoux, qui a mis fin à son règne ininterrompu depuis 2006.

Le parti de M. Bernier a pour sa part recueilli 1,7 pour cent des suffrages dans tout le pays, soit 180 000, peu avant minuit. Aucun de ses candidats n’a été élu, mais M. Bernier veut rester à la tête de son parti pour poursuivre sa construction.

“Nous avons écrit des pages d’histoire”, a-t-il déclaré dans sa conférence de presse, dans la salle du club de golf de Beauceville où il tenait son rassemblement.

“La prochaine fois nous serons plus forts”, a-t-il lancé sous les acclamations de ses partisans, qui conspuaient les journalistes pour leurs questions.

Après 208 boîtes de scrutin dépouillées sur 242, M. Lehoux avait recueilli plus de 20 000 voix, contre 15 000 pour M. Bernier, juste avant minuit.

“Cela a été une campagne serrée”, a affirmé M. Bernier dans une courte entrevue avec La Presse canadienne avant le dévoilement des résultats.

M. Lehoux est une personnalité connue dans la région, à titre d’ancien maire, préfet et ancien président de la Fédération québécoise des municipalités (FQM).

La visite du chef du PCC, Andrew Scheer, dans la circonscription, vendredi, aura peut-être permis de faire pencher la balance en faveur des conservateurs.

Le chef conservateur Andrew Scheer avait lancé en plein débat télévisé en français que son adversaire du PPC n’allait même pas réussir à se faire élire dans sa propre circonscription. Sa prédiction s’est avérée.

Les conservateurs ont mis le paquet pour déloger M. Bernier, un ancien conservateur qui s’est retourné contre les siens pour fonder son propre parti, le PPC.

La campagne de salissage des conservateurs a été “efficace”, a concédé M. Bernier, des “attaques vicieuses et honteuses”.

Le Globe and Mail révélait en fin de campagne que le Parti conservateur avait embauché une entreprise de relations publiques pour démolir le Parti populaire. Le plan visait apparemment à dépeindre les partisans du PPC comme des racistes.

M. Bernier a déposé une plainte au Commissaire aux élections contre le Parti conservateur, ainsi que contre l’entreprise Daisy Group, qui est détenue par l’ancien stratège libéral Warren Kinsella.

Cela nous a ralentis dans la promotion de nos idées. On va rencontrer les avocats demain (mardi), pour voir si on peut déposer d'autres procédures.Maxime Bernier

Interrogé à savoir ce qu’il changerait dans sa campagne au vu des résultats, il a répondu: “rien”. Selon lui ses idées ont gagné et les enjeux qu’il a soulevés vont demeurer, soit les problèmes d’immigration, la dette, les taxes, la péréquation, etc.

Tout au long de la campagne, M. Bernier a défendu les positions controversées de son parti.

Il prône notamment l’abolition du système de gestion de l’offre, qui fixe le volume de production et le prix des produits laitiers. Cette position lui a valu l’opposition féroce des producteurs laitiers, qui sont nombreux dans sa circonscription.

Il s’était aussi engagé à éliminer le déficit en deux ans et à réduire les impôts.

M. Bernier voulait mettre fin à la politique de multiculturalisme et réduire les seuils d’immigration.

Il est réputé pour être climatosceptique et il se dit prêt à forcer le passage d’un oléoduc vers l’Est, même si le Québec s’y oppose.

En 2015, Maxime Bernier l’avait emporté dans Beauce par 20 374 voix, avec 58,8 pour cent des suffrages. Son plus proche adversaire libéral avait recueilli 22 pour cent des voix.

En 2017, M. Bernier avait été défait de justesse dans la course à la direction du PCC. L’année suivante, il avait claqué la porte de la formation pour former le Parti populaire.

M. Bernier est issu d’une famille bien connue en politique en Beauce. Son père, Gilles, a été avant lui député conservateur, puis indépendant, de 1984 à 1997. M. Bernier père a d’ailleurs fait campagne pour son fils dans la circonscription cette année.

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