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03/04/2020 10:33 EDT | Actualisé 03/04/2020 14:02 EDT

Washington exige que l'entreprise 3M arrête d'exporter des masques N95 au Canada

Trudeau a dit que ce serait «une erreur» si les États-Unis décidaient de cesser d’exporter du matériel médical vers le Canada.

Smith Collection/Gado via Getty Images
Les masques N95 sont utilisés dans les hôpitaux pour protéger les travailleurs de la santé.

L’un des plus grands fabricants de produits de consommation au monde dit que la Maison-Blanche lui a demandé de cesser d’exporter des masques N95 vers le marché canadien.

La compagnie 3M, basée au Minnesota, a déclaré que l’administration Trump avait demandé qu’elle cesse d’envoyer des masques N95 au Canada et en Amérique latine.

Mais l’entreprise, qui se définit comme un fournisseur essentiel de masques pour les deux marchés, affirme que cela aurait des “implications humanitaires importantes”.

Elle indique également qu’une telle décision entraînerait probablement des représailles de la part des pays touchés. Dans un tel cas, le nombre de ventilateurs disponibles aux États-Unis diminuerait, selon 3M.

L’entreprise ajoute qu’elle produit déjà autant de masques N95 que possible pour le marché américain.

Justin Trudeau dit que ce serait “une erreur” si les États-Unis décidaient de cesser d’exporter du matériel médical vers le Canada.

En point de presse devant sa résidence, vendredi, M. Trudeau a assuré que son gouvernement travaille “très étroitement” avec les États-Unis pour éviter que ce scénario se concrétise.

“Il y a des milliers d’infirmiers, d’infirmières à Windsor qui travaillent à Detroit à chaque jour sur lesquels les Américains dépendent. Il y a des produits médicaux et essentiels qui vont dans les deux sens à travers notre frontière et ce serait une erreur pour nos deux pays de limiter l’accès de l’un et l’autre à des produits et du personnel nécessaires de l’autre côté de la frontière”, a-t-il déclaré.

Le premier ministre n’a cependant pas précisé s’il allait s’entretenir directement avec le président américain Donald Trump et ne s’est pas non plus avancé sur de possibles représailles.

La vice-première ministre Chrystia Freeland a laissé entendre qu’elle souhaite que les Américains reculent sur cette idée, tout comme sur leur projet de déployer des militaires à la frontière.

La société a été critiquée jeudi par le président Donald Trump, qui a invoqué le Defense Production Act pour obliger 3M à prioriser le marché américain pour ses masques.

Cette déclaration de 3M arrive au moment où de nombreux pays sur la planète se démènent pour mettre la main sur du matériel médical essentiel pour la lutte contre la pandémie de COVID-19.

Des responsables politiques français ont d’ailleurs accusé les États-Unis d’avoir détourné une commande de masques destinée à la France, ce que l’ambassade américaine à Paris a nié vendredi.

Justin Trudeau avait indiqué jeudi qu’il se pencherait sur des allégations similaires au sujet de masques destinés au Canada.

Les États-Unis nient avoir détourné des masques

L’ambassade des États-Unis à Paris assure que personne, au gouvernement fédéral, n’a acheté des masques qui étaient destinés à la France.

La déclaration, faite vendredi, nie toute responsabilité du gouvernement américain.

Les gouverneurs de plusieurs États américains ont affirmé qu’il existait une compétition chaotique pour obtenir des masques opposant les États et même des hôpitaux les uns aux autres pour le précieux matériel protecteur essentiel à la lutte contre la COVID-19.

Dans l’un des cas, le propriétaire des Patriots de la Nouvelle-Angleterre aurait envoyé l’avion privé de l’équipe pour aller chercher une commande d’un million de masques destinés au Massachusetts.

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