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10/02/2021 14:59 EST

Des masques jetables transformés en énergie et en matériaux de construction

Ce projet pilote initié à Sherbrooke vise à détourner de l’enfouissement des millions de masques, gants, visières et autres équipements à usage limité.

Ksenia Shestakova via Getty Images

SHERBROOKE — Un projet pilote vise à transformer les équipements de protection individuelle jetables en source d’énergie ou en matériaux de construction. Le CIUSSS de l’Estrie – CHUS, l’Université de Sherbrooke et deux PME installées à Val-des-Sources espèrent détourner de l’enfouissement des millions de masques, gants, visières et autres équipements à usage limité.

Dans une première étape du projet, ce sont d’abord les masques de procédure utilisés à l’Hôtel-Dieu de Sherbrooke qui seront envoyés dans les locaux du Carrefour d’innovation sur les matériaux de la MRC des Sources, où se trouvent les installations des PME partenaires MGA Environnement et CRB Innovations. Les deux partenaires ont investi quelque 300 000 $ dans le projet.

Puis, lors de prochaines étapes du projet, les équipements des autres établissements du CIUSSSE–CHUS pourront être acheminés. Au total, ce sont 50 000 masques jetables par semaine qui sont utilisés dans le réseau de la santé en Estrie. Un volume qui pourrait être multiplié en ajoutant les autres équipements de protection, ainsi que les masques utilisés dans les écoles à l’Université de Sherbrooke et dans d’autres milieux.

Martin Gagnon, responsable du projet chez MGA Environnement, a déclaré en conférence de presse virtuelle, mercredi matin, que l’usine pilote pourrait recevoir les masques jetables des écoles avant la fin de l’année scolaire. De plus, en vue du lancement de ce projet pilote, l’UdeS avait déjà entrepris une collecte des fameux masques bleus sur son campus dès le mois d’octobre dernier.

La solution que proposent les deux PME consiste à transformer les équipements de protection individuelle (ÉPI) et d’autres rebuts similaires en un matériau composite compact aux utilisations diverses.

D’abord, Martin Gagnon a présenté des rondelles dont la composition est faite à 65 % de biomasse et à 35 % d’ÉPI. Ces rondelles peuvent ensuite être utilisées comme combustible pour produire de l’électricité, de la vapeur ou de la chaleur selon les besoins du client industriel. Une autre possibilité serait de générer une valorisation chimique en produisant du méthanol ou de l’éthanol pour une utilisation industrielle.

Une troisième option, sur laquelle se penchent des chercheurs de l’Université de Sherbrooke, consiste à transformer le matériau composite compact en panneaux de construction, en panneaux isolants ou encore en poutres pouvant être utilisées dans l’érection de structures.