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21/07/2020 18:26 EDT | Actualisé 29/07/2020 15:22 EDT

Les masques en tissu rejetés par la CNESST pour les employés travaillant sans barrière physique

Les employés travaillant derrière un plexiglas ou qui sont en mesure de respecter la distanciation physique peuvent cependant porter le masque en tissu.

La Presse canadienne/Graham Hughes

Plusieurs grandes chaînes de magasins ont fait fabriquer à grands frais des masques de tissu réutilisables…qui ne pourront pas être utilisés. Dans un document dont La Presse canadienne a obtenu copie, la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) impose aux employés des commerces le port du masque chirurgical (jetable) ou encore le N95 pour les employés qui ne se trouvent pas derrière un plexiglas. Le document spécifie par ailleurs que les masques artisanaux en tissu ne sont pas conformes pour de tels cas.

La nouvelle a été confirmée par un porte-parole de la CNESST, Maxime Boucher. «C’est bel et bien la politique de la CNESST en ce qui a trait aux commerces», dit-il. Il a cependant été impossible de savoir quelles sanctions sont prévues pour les employeurs qui n’offriraient pas de ces masques en quantité suffisante pour leurs employés. La directive de la CNESST prévoit un minimum de quatre masques jetables pour chaque employé, et indique que tout masque souillé ou trop humide doit être changé.

Dans une déclaration écrite transmise en début de soirée, le porte-parole de la CNESST a précisé que «l’annonce sur le port du couvre-visage dans les lieux publics intérieurs fermés ne change pas les directives pour les milieux de travail et pour les travailleurs et les travailleuses concernant le port d’équipement de protection individuelle, dont le masque de procédure».

«Sur le lieu de travail, ce sont les directives de la CNESST et de la santé publique qui continuent de s’appliquer pour protéger les travailleurs et les travailleuses. Ainsi, lorsque les principes de distanciation physique ne peuvent être respectés, un masque de procédure et une protection oculaire (lunettes de protection ou visière recouvrant le visage jusqu’au menton) sont fournis par l’employeur au personnel qui exécute une tâche nécessitant d’être à moins de 2 mètres d’une autre personne et en l’absence de barrières physiques», a ajouté Maxime Boucher.

Dans un communiqué de presse publié vers 21h30, la CNESST a tenu à rappeler que cette directive sur le port du couvre-visage pour les employés fait partie du guide publié le 28 avril 2020 et qu’elle n’a émis aucune nouvelle directive depuis.

Toutefois, elle précise que le guide n’interdit pas de porter le couvre-visage en tissu s’il y a une barrière physique entre le client et l’employé ou si les deux mètres de distanciation sont respectés.

«Absolument rien dans le guide n’indique qu’un travailleur ne peut pas porter de masque en tissu lorsqu’une barrière physique est présente ou lorsque le principe de distanciation physique est respecté», ajoute-t-on dans le communiqué.

Assez, c’est assez, dit l’AQMAT

L’Association québécoise des quincailleries et des matériaux de construction (AQMAT) estime que cette confusion de la CNESST est de trop. «Assez, c’est assez, lance le président et chef de la direction de l’AQMAT, Richard Darveau. Déjà que nos membres doivent jouer à la police avec les clients et que ce sont eux qui doivent payer pour des clients récalcitrants, voilà maintenant une autre mesure que nos membres devront mettre en application.» M. Darveau dénonce de plus la valse-hésitation de la Santé publique dans le dossier du masque. «J’ai un quincaillier de Montréal, un membre de notre association, qui avait été crucifié sur la place publique parce qu’il avait des masques chirurgicaux pour ses employés alors qu’on était en pénurie. On a même incité nos membres à faire don de leurs masques au personnel de la santé pour tenter de pallier la pénurie. Avec ce que l’on sait aujourd’hui, aurait-il fallu qu’on les garde?»

Richard Darveau indique que les membres de l’AQMAT ont à cœur la santé et la sécurité de leurs employés. La question n’est pas là, selon lui. «C’est toujours deux poids, deux mesures, fait-il valoir. On vient que l’on ne sait plus sur quel pied danser. J’ai aussi une pensée pour tous les commerçants qui, pensant bien faire, ont dépensé des milliers de dollars pour faire fabriquer des masques pour leurs employés et qui se font dire par la CNESST que ces masques-là ne sont pas conformes.»

Richard Darveau a indiqué qu’il allait s’assurer que ses quelque 1000 membres soient informés de ces nouvelles directives. Entre-temps, des sources nous confirment que des chaînes de quincailleries comme BMR sont en pourparlers avec le ministère de la Santé pour que les règles concernant le port du masque pour les employés soient assouplies.

Texte de l’Initiative de journalisme local 

Note aux lecteurs: Version corrigée. Bien lire que la CNESST impose le port du masque chirurgical ou du masque N95 pour les employés qui exécutent une tâche nécessitant d’être à moins de 2 mètres d’une autre personne et en l’absence de barrières physiques. L’article a été mis à jour après la publication d’un communiqué de la CNESST rappelant que le masque en tissu peut être porté lorsqu’une barrière physique est présente ou lorsque le principe de distanciation physique est respecté.

Avec des informations du HuffPost Québec.

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