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07/07/2020 15:10 EDT | Actualisé 07/07/2020 17:51 EDT

Le masque pourrait devenir obligatoire hors de Montréal

Le Dr Horacio Arruda affirme réfléchir à l'idée.

Rattankun Thongbun via Getty Images

Dans la foulée de la Ville de Montréal qui se prépare à rendre le port du masque obligatoire dans tous les lieux publics fermés, le territoire de la Communauté métropolitaine de Montréal pourrait être forcé d’emboîter le pas, voire tout le Québec.

Le directeur national de la santé publique Horacio Arruda et le premier ministre François Legault ont dit réfléchir à cette possibilité.

Le Dr Arruda était de passage mardi au CISSS de Lanaudière, à Joliette, alors qu’il poursuit sa tournée des régions.

En réponse aux questions des journalistes, il a dit évaluer les avantages et les inconvénients de recommander au gouvernement de rendre le port du masque obligatoire. Dr Arruda dit notamment craindre qu’une obligation entraîne une partie de la population à résister et à s’y opposer.

Ne pas baisser la garde

«Ce que je peux dire, c’est qu’on a des discussions très intenses à ce sujet-là avec le cabinet du premier ministre, a-t-il affirmé. On a toujours voulu avoir une approche par étape. Faire confiance à la population du Québec parce que la coercition, ça a ses effets pervers.»

Devant le barrage de questions sur le sujet, Dr Arruda a expliqué qu’il ne pouvait pas lui-même faire une annonce en ce sens et que c’était au gouvernement de le faire. Il a cependant indiqué que ses «équipes étaient en train de faire les dernières analyses par rapport» à cet enjeu et qu’il l’évalue lui-même «très très fortement».

Selon Horacio Arruda, le beau temps a fait «oublier» le virus aux gens qui ne prennent pas conscience du fait que tout peut «reflamber», a-t-il prévenu.

Le premier ministre François Legault se trouvait de son côté à Saint-Jérôme, où il tenait sa propre conférence de presse légèrement en décalage avec celle du Dr Arruda.

Il s’est lui aussi dit ouvert à l’idée d’imposer le port du couvre-visage dans les lieux publics intérieurs, bien qu’il n’avait pas été informé de la décision annoncée lundi par la mairesse de Montréal, Valérie Plante.

«Heureusement, il ne semble pas y avoir d’augmentation des cas. Je pense qu’il faut être prudent et je pense qu’il ne faut rien exclure, incluant le port du masque dans tous les endroits publics intérieurs», a déclaré le premier ministre au sujet de la possibilité d’étendre cette décision ailleurs dans la province.

Toutefois, si le port du masque obligatoire peut procurer un avantage évident pour limiter la transmission du virus, une telle mesure entraîne aussi des inconvénients, met en garde le Dr Arruda.

Celui-ci mentionne qu’une obligation s’accompagne d’une mécanique complexe de coercition. Il faut déterminer qui est chargé de faire respecter la règle, qui en est exempté et quelles sont les conséquences auxquelles s’exposent les récalcitrants.

Registre des clients

L’éclosion rapportée au cours de la fin de semaine dans un bar du quartier Dix30, à Brossard, a mis en lumière le problème de retrouver tous les clients ayant possiblement été exposés au virus. Certains ont avancé l’hypothèse d’exiger la tenue d’un registre des clients dans les bars et restaurants. Une idée qui n’enchante pas le Dr Horacio Arruda.

«Ce que je préférerais, c’est qu’on applique les mesures de distanciation pour qu’il n’y ait pas d’éclosions», a-t-il répondu avant de reconnaître qu’«il y a certains enjeux reliés à la confidentialité».

Sur le même thème, François Legault a dit ne pas être rendu là, mais ne rien exclure.

«Si on voyait dans certains établissements, incluant les bars, qu’il y avait beaucoup de propagation du virus, peut-être qu’on pourrait demander un registre des personnes», a-t-il suggéré en appelant, lui aussi, au respect des consignes de distanciation afin de ne pas avoir à en arriver là.

Libération conditionnelle

Horacio Arruda a profité de sa tribune pour marteler que l’épidémie n’est pas terminée et que le virus circule toujours dans la population.

«Les indicateurs sont à la baisse, ce qui est une bonne nouvelle, mais ça ne veut pas dire qu’on doit baisser la garde», a-t-il déclaré.

Une fois de plus, il insiste sur l’importance d’être prudent et de respecter les consignes de prévention. Il compare le déconfinement à une libération conditionnelle selon laquelle on doit respecter les règles d’hygiène et la distanciation physique.

«Le relâchement peut être la source d’une flambée dans la communauté. Nous ne pouvons pas nous permettre de relâcher la distanciation sociale», a-t-il répété.

Le Dr Horacio Arruda était accompagné du directeur régional de santé publique de Lanaudière par intérim, Dr Richard Lessard, et du président-directeur général du CISSS de Lanaudière, Daniel Castonguay.

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