POLITIQUE
21/06/2019 07:39 EDT | Actualisé 21/06/2019 07:39 EDT

Le PLQ se choisira-t-il une première femme comme chef?

La députée Marie Montpetit est très intéressée au leadership du PLQ et devient ainsi la troisième femme à démontrer son intérêt.

Denis Beaumont/PC
Marie Montpetit

QUÉBEC — La décision finale n’est pas encore prise, mais la députée Marie Montpetit a très envie de tenter sa chance pour devenir le prochain chef du Parti libéral du Québec (PLQ).

Chose certaine, si elle fait le saut, ce sera pour donner une impulsion plus nationaliste au PLQ, en vue de reconquérir l’électorat francophone.

Elle croit que son parti doit redevenir celui qui se porte à la défense des intérêts du Québec sur la scène fédérale, qui affirme avec vigueur le statut de la langue française, tout en incarnant le nationalisme économique et culturel.

Dans une entrevue téléphonique à La Presse canadienne, jeudi, la députée insiste sur ses convictions nationalistes, rappelant au passage qu’elle a milité pour que sa circonscription de Crémazie, à Montréal, soit rebaptisée Maurice-Richard, «en l’honneur de l’icône qui a certainement insufflé le plus grand sentiment de fierté chez les Québécois et mis en marche la Révolution tranquille».

Elle se dit persuadée qu’elle possède le «bagage» requis pour prétendre devenir chef de sa formation politique, tant pour son passé de militante libérale pur jus que grâce à sa formation et ses qualités personnelles.

Issue du sérail libéral, elle fait valoir son implication depuis une vingtaine d’années au sein du parti (elle a présidé la commission politique et s’est impliquée dans la commission jeunesse), de même que sa «très, très bonne connaissance» des instances et des valeurs du parti, valeurs qu’elle endosse totalement.

 Surtout, elle soutient être très appréciée des militants libéraux, qui seraient nombreux, «et de toutes les régions», à solliciter sa candidature.

«Je suis très flattée, très touchée» par ces témoignages, qui vont certainement peser dans la balance.

Mais sa décision, qu’elle n’annoncera pas avant l’automne, sera surtout fondée, dit-elle, sur une nécessaire conciliation travail-famille, donc de sa capacité de remplir ses responsabilités familiales — elle a une fille de 10 ans — tout en menant à bien la reconstruction du parti, une tâche qui s’annonce pour le moins exigeante.

Car si elle décide de plonger, c’est «pour y aller à fond», en sachant que ce qui l’attend sera un travail «à temps plein».

Une première femme comme chef?

Le PLQ, qui a plus de 150 ans, n’a jamais élu une femme pour diriger les troupes, et n’a même jamais eu de femme candidate au leadership.

Signe des temps, les choses semblent être en train de bouger, là comme ailleurs.

À l’heure actuelle, huit mois et demi après la défaite d’octobre, il n’y a toujours aucun candidat officiel à la succession de Philippe Couillard, mais les noms qui circulent pour l’instant sont portés par des femmes: les députées Marwah Rizqy et Dominique Anglade.

Mme Montpetit est donc la troisième femme à montrer son intérêt pour relever un défi de taille, le PLQ ayant subi sa pire défaite depuis sa création, lors des élections générales du 1er octobre, appuyé désormais par seulement 10 pour cent du vote francophone.

Âgée de 39 ans, députée depuis 2014, Mme Montpetit se dit consciente que la politique, quoi qu’en disent certains, demeure un monde d’hommes, le «plafond de verre» étant toujours présent dans la sphère politique.

Elle est persuadée que les femmes apportent un style différent à la politique, qu’elles font les choses «autrement», et qu’il est «temps que ça se fasse».

Les attaques, la mesquinerie et les combats de coqs n’ont plus leur place.Marie Montpetit

 Parmi ses atouts pour devenir chef, elle fait valoir qu’elle possède deux maîtrises, une en sciences de l’environnement, l’autre en gestion acquise aux HEC.

Pianiste de haut vol, la députée de Maurice-Richard a été brièvement ministre de la Culture, de 2017 à 2018, mais quand même assez longtemps pour déposer une refonte ambitieuse de la politique culturelle du Québec, qui datait de 25 ans.

Elle porte d’ailleurs un jugement sévère sur l’actuelle ministre de la Culture et des communications, Nathalie Roy, qualifée de «pitoyable».

L’actuelle porte-parole en matière d’environnement pour l’opposition officielle ne croit pas que le fait d’être une Québécoise dite «de souche» lui procurerait un avantage indu par rapport à deux adversaires éventuelles comme Dominique Anglade et Marwah Rizqy, issues des communautés culturelles.

«Le Québec est tolérant et accueillant», dit-elle, espérant que ce type de considération n’entrera pas en ligne de compte.

Officiellement, la course au leadership débutera en septembre et s’étirera jusqu’en mai 2020.