POLITIQUE
26/05/2019 09:13 EDT

Il y a un manque d'éducatrices diplômées en petite enfance

Le gouvernement devrait revaloriser la profession, croit la Fédération des intervenantes en petite enfance du Québec.

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MONTRÉAL — La Fédération des intervenantes en petite enfance du Québec appelle le gouvernement à revaloriser cette profession, tandis que les éducatrices détentrices d’une formation technique se font de plus en plus rares.

Selon des chiffres du ministère de l’Éducation obtenus par la FIPEQ-CSQ, la plus récente cohorte en Techniques d’éducation à l’enfance (TEE) comptait 918 étudiants de moins que quatre ans plus tôt, lors de l’année scolaire 2014-2015.

Cette baisse de popularité de la formation collégiale se fait déjà sentir sur le terrain, soutient la présidente du syndicat, Valérie Grenon.

Puisque la loi exige qu’au moins les deux tiers du personnel de garde en Centre de la petite enfance détiennent ce diplôme ou un équivalent, des travailleuses éprouvent de la difficulté à se faire remplacer pour des vacances ou des congés de maladie, illustre Mme Grenon.

À la diplomation en baisse s’ajouterait donc un problème de rétention des intervenantes, en raison de l’épuisement de ces dernières.

«Souvent, on voit des filles quitter le réseau après cinq ans», affirme la présidente de la FIPEQ, qui représente environ 2500 éducatrices dans les installations des CPE.

 

 

«Ça n’a pas été un métier très valorisé par le ministère de la Famille sous le règne des libéraux pendant des années», avance-t-elle.

À ses yeux, les compressions budgétaires imposées depuis 2014 ont dissuadé des étudiants de s’initier à ce métier, en plus de venir à bout de certaines éducatrices.

En cette Semaine des services éducatifs publics à la petite enfance, la FIPEQ exhorte le ministre québécois de la Famille, Mathieu Lacombe, à créer un comité pour revaloriser le «premier maillon de l’éducation».

«On finit par faire partie de la famille, en partenariat avec le parent, pour amener l’enfant dans son plein potentiel. On n’est plus des gardiennes comme à une certaine époque», fait valoir Mme Grenon, qui suggère notamment une reconnaissance des acquis pour les intervenantes déjà bien établies.

«Si le ministère crée de nouvelles places — et c’est ce qu’il doit faire, les parents le crient haut et fort —, il va y avoir besoin de personnel formé parce qu’en ce moment, on n’est pas en pénurie, mais on est en rareté de manière significative», prévient-elle.