POLITIQUE
17/11/2019 11:49 EST | Actualisé 17/11/2019 13:17 EST

Manon Massé remet en question la Bourse du carbone

Dimanche, la coporte-parole de QS a déclaré que les solidaires réunis en congrès à Longueuil n’avaient pas décidé s’ils étaient pour ou contre.

THE CANADIAN PRESS/Jacques Boissinot
Manon Massé (photo d'archives)

LONGUEUIL, Qc —Québec solidaire (QS) jette le doute sur la Bourse du carbone que le premier ministre François Legault s’apprête à aller défendre en Californie.     

Dimanche, la coporte-parole de QS, Manon Massé, a déclaré que les solidaires réunis en congrès à Longueuil n’avaient pas décidé s’ils étaient pour ou contre.

Selon elle, le système actuel de plafonnement et d’échange de droits d’émissions permet à de grands pollueurs, comme la cimenterie McInnis, en Gaspésie, «de faire de l’argent».

Elle affirme que sur le plan de l’écofiscalité, QS «n’est pas fermé à cette idée» d’un système de plafonnement, pourvu qu’il soit érigé «de façon solidaire».

«Actuellement, ce que le système de plafonnement permet, c’est à une usine comme Port-Daniel de faire de l’argent sur le dos des crédits du droit de polluer. Ça n’a pas de bon sens», a-t-elle déclaré en mêlée de presse.

Pour l’heure, la Bourse du carbone bénéficie d’un large consensus à l’Assemblée nationale, les élus y voyant là un moyen efficace de réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES).  

Le gouvernement Legault doit dévoiler un plan de lutte contre les changements climatiques au début de l’année prochaine.

D’ici là, le premier ministre Legault se rendra en Californie du 8 au 11 décembre pour discuter de la Bourse du carbone avec le gouverneur Gawin Newsom.

«S’il veut défendre la Bourse du carbone, qu’il crie haut et fort qu’il faut que le principe de pollueur-payeur soit là, et pollueur-payeur ne veut pas dire donner des permis gratuits aux grands pollueurs, dont McInnis», a poursuivi Mme Massé.

Le Québec a mis sur pied en 2013 un système de plafonnement et d’échange de droits d’émission de gaz à effet de serre, une mesure visant à pousser les entreprises et les citoyens à modifier leurs comportements afin de réduire leurs émissions.

L’année suivante, la province a lié son système à celui de la Californie, dans le cadre de la «Western Climate Initiative».

Or, le procureur général des États-Unis, Jeffrey Bossert Clark, fait valoir maintenant que la Californie «s’est écartée de sa voie constitutionnelle» lorsqu’elle a signé cet accord avec le Québec.

Le premier ministre Doug Ford a pour sa part retiré l’Ontario de ce régime au lendemain de son élection l’an dernier.

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