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14/07/2019 12:01 EDT | Actualisé 17/07/2019 09:42 EDT

Manifestation: un «sit-in» devant le bureau de Legault

La mobilisation environnementale rassemblant quelques centaines de personnes s'est terminée par l'arrestation d'une vingtaine d'individus.

Quelques centaines de manifestants se sont mobilisés dans les rues de Montréal hier pour revendiquer l’action des gouvernements en matière d’environnement. La marche, qui a débuté à la statue George-Étienne Cartier, au parc du Mont-Royal, a laissé place à un sit-in devant le bureau de M. Legault et s’est terminée par l’arrestation d’une vingtaine d’individus

«La planète ne prend pas de vacances» organisée par La Planète s’invite au Parlement, La Planète s’invite à l’université, Extinction Rébellion et Pour le futur Montréal a fortement souligné les agissements «hypocrites» du gouvernement dans des discours et des slogans dénonciateurs. 

«La situation est urgente, la crise environnementale est ici, maintenant. Le Canada se réchauffe deux fois plus vite que le reste de la planète. Pendant ce temps, notre cher Justin Trudeau déclare l’urgence climatique, un mardi, et le lendemain il donne le feu vert au pipeline Trans Mountain», a dénoncé dans un discours émouvant, Mei Chiu, porte-parole d’Extinction Rébellion.

«Quand les inondations, les tornades, la grêle, les tempêtes, le verglas vont continuer à se multiplier, quand les catastrophes météos vont devenir banales,  quand les guerres et les conflits vont exploser, quand les pandémies vont se déclencher, M. Legault,  M. Trudeau, M. Sheer, et tous les autres politiciens, vous allez dire quoi à nos enfants?», a soulevé, à son tour, François Geoffroy, porte-parole de la Planète s’invite au Parlement

Rassemblés par une même opinion  

Vêtus de vert et de fleurs, c’est dans une ambiance chaleureuse et pacifique que les manifestants, surnommés les «rebelles», ont évoqué leurs inquiétudes face au positionnement des gouvernements en matière d’environnement.  

Selon Charlotte Doucet, étudiante et participante de la manifestation d’hier, les promesses environnementales du gouvernement Trudeau ne serviraient qu’à «acheter des votes».

«La manière dont on gère l’urgence climatique durant les deux prochaines années va changer absolument le futur de nos sociétés. Ça ne fait aucun sens de bannir l’usage du plastique si on continue d’investir dans les industries pétrolières», a-t-elle ajouté. 

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Pour le manifestant Marc Boucher, les individus doivent prendre l’initiative d’agir d’eux-mêmes. «Il ne faut pas attendre après le gouvernement, parce qu’il est là pour agir selon les groupes de pression». Il soulève d’autant plus l’importance d’avoir des gestes quotidiens qui sont consciencieux de l’environnement. 

Divers slogans provocateurs ont été chantés tout au long de la marche qui a débuté vers 14 h 20 et s’est terminée aux alentours de 15 h. En voici quelques-uns :

«Le troisième lien, il sert à rien, et le pipeline fait mauvaise mine, Trudeau, Legault, vous n’êtes pas écolos»

«Legault, Trudeau, faites vos devoirs, la récré est terminée»

 «La vie, la vie, la vie, avant le profit»

Arrivés à destination devant le 770 de la rue Sherbrooke, les organisateurs de l’événement ont distribué des craies afin que les manifestants dessinent leur message au sol. S’en est suivi un sit-In, les discours des porte-paroles, et de la musique, dans une ambiance festive. La mobilisation s’est terminée vers 16 heures. 

Insister sur l’urgence climatique

À travers leur discours, les porte-paroles ont rappelé l’état critique de la situation environnementale. Mei Chiu a souligné que le Canada se réchauffe deux fois plus vite que le reste de la planète, et que les inondations du printemps dernier, les feux de forêt en Alberta et les vagues de chaleur en Europe sont directement liés au réchauffement planétaire. 

 «Il y a une étude australienne qui a estimé qu’il y a de fortes chances que nos civilisations s’effondrent d’ici 2050», a révélé François Geoffroy. 

Le porte-parole de La planète s’invite au Parlement a rappelé l’importance de se mobiliser et de continuer à manifester pour des actions immédiates des gouvernements. 

«Au Québec on a été les premiers à déclarer massivement l’urgence climatique. 400 municipalités ont déclaré l’urgence climatique. On a été les premiers, au Québec, à tenir des votes de grève pour le climat. Alors depuis quand on devrait avoir peur d’être les premiers, d’être des précurseurs ? Depuis quand on devrait avoir peur de donner l’exemple?», a exprimé fièrement François Geoffroy.