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28/07/2020 07:54 EDT | Actualisé 28/07/2020 12:03 EDT

La crise provoquée par la pandémie de COVID-19 aggrave la malnutrition des enfants

Cela «pourrait se traduire par 10 000 morts supplémentaires d’enfants par mois», selon un communiqué de l’UNICEF.

Près de 7 millions d’enfants supplémentaires dans le monde pourraient souffrir des effets de la malnutrition à cause de la crise économique et sociale causée par la pandémie de COVID-19, selon une estimation des Nations unies publiée mardi.

Avant la pandémie de COVID-19, 47 millions d’enfants à travers le monde souffraient déjà en 2019 des conséquences de la malnutrition, perte de poids et maigreur extrême, souligne l’UNICEF, le Fonds des Nations unies pour l’enfance.

Avec la pandémie, ce nombre “pourrait culminer à près de 54 millions sur les 12 premiers mois de la crise”, ce qui “pourrait se traduire par 10 000 morts supplémentaires d’enfants par mois”, essentiellement dans les pays d’Afrique subsaharienne et en Asie, selon un communiqué de l’UNICEF.

“Cela fait sept mois que les premiers cas de COVID-19 ont été rapportés et il est de plus en plus clair que les conséquences de la pandémie font plus de mal aux enfants que la maladie elle-même”, commente la directrice exécutive de l’UNICEF, Henrietta Fore.

“La pauvreté et l’insécurité alimentaire ont augmenté. Des services essentiels et des chaînes d’approvisionnement de nourriture ont été interrompus. Le prix des denrées alimentaires a monté en flèche. Le résultat, c’est que la qualité du régime alimentaire des enfants a baissé et que les taux de malnutrition vont augmenter”, poursuit-elle.

FLORENT VERGNES via Getty Images
Selon un rapport l'UNICEF publié en 2018, deux enfants sur trois en République centrafricaine ont besoin d'aide humanitaire. (photo d'archives)

L’UNICEF s’appuie sur une analyse publiée par la revue médicale The Lancet, dans laquelle les chercheurs s’alarment des conséquences de la malnutrition liée à la pandémie de COVID-19 sur les enfants.

“L’impact profond de la pandémie de COVID-19 sur la nutrition des plus jeunes enfants pourrait avoir des conséquences intergénérationnelles”, estiment-ils, en craignant que cela nuise ”à la croissance et au développement de ces enfants”.

Ces chercheurs ont fait des estimations portant sur 118 pays à faible ou moyen revenus. Selon eux, la crise alimentaire due à la COVID-19 pourrait augmenter de 14,3% la prévalence d’un amaigrissement modéré ou sévère chez les moins de 5 ans.

Dans une lettre ouverte également publiée par The Lancet, l’UNICEF et trois autres agences des Nations unies – l’OMS (Organisation mondiale de la santé), la FAO (alimentation et agriculture) et le PAM (Programme alimentaire mondial) – appellent à “agir maintenant”.

Elles estiment à 2,4 milliards de dollars les besoins nécessaires pour protéger les enfants les plus à risques.

“Nous devons mettre en place ensemble des actions de fond et des investissements pour la nutrition, afin de faire échec à la crise de la COVID-19 et à ses répercussions sur la faim et la malnutrition des enfants”, plaident ces organismes.

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