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lstw: un magazine LGBTQ+ pour lutter contre les stéréotypes

« Qui fait le gars entre vous deux? » « Les lesbiennes s’habillent de façon masculine et ont les cheveux courts... » - autant de clichés qui ont la peau dure!
En couverture Jacqueline Toboni, nouveau visage de la série hollywoodienne The L Word, photographiée par l’artiste de renom Michelle Groskopf.
En couverture Jacqueline Toboni, nouveau visage de la série hollywoodienne The L Word, photographiée par l’artiste de renom Michelle Groskopf.

Le 4e numéro papier de lstw (Lez Spread The Word), magazine destiné aux femmes et personnes LGBTQ, né ici à Montréal, sera disponible dès le 5 décembre dans plus de 20 villes à travers le monde.

Un projet ambitieux, qui regroupe plus de 30 collaboratrices impliquées et dédiées, qui mérite plus que jamais d’exister pour lutter contre les stéréotypes qui ont la peau dure, selon Florence Gagnon, fondatrice et présidente de lstw. Le HuffPost Québec l’a interviewée.

«Qui fait le gars entre vous deux? » « Les lesbiennes s’habillent de façon masculine et ont les cheveux courts... » « Les lesbiennes détestent les hommes...»»

«Il existe un manque crucial de culture lesbienne. Concrètement, ce n’est pas ce qui manque au dialogue, mais plutôt le dialogue lui-même. Il existe très peu de médias pour les femmes et personnes LGBTQ. Il est naturel que les gens veuillent voir leurs histoires reflétées et notre magazine répond à un besoin très clair», explique Florence Gagnon.

Quelle est votre mission?

«lstw, une organisation LGBTQ + qui se consacre à la production de contenu par et pour les femmes lesbiennes, bisexuelles, trans et queers. Elle vise entre autres à s’éloigner des stéréotypes véhiculés dans la société et à donner plus de modèles positifs par le biais de ses initiatives, incluant un magazine papier annuel distribué dans plus de 20 villes dans le monde. »

Y-a-t-il besoin plus que jamais de s’éloigner des stéréotypes véhiculés dans la société ?

«Oui certainement. Et c’est pour cette raison même que lstw a été créée. Il existe vraiment un manque de représentation de la communauté LGBTQ dans les médias de masse et c’est pourquoi il y a encore beaucoup d’idées préconçues face à nos communautés. On ne peut pas raconter une seule histoire, il faut voir toute la diversité de nos parcours, de nos réalités afin de démystifier qui nous sommes.»

Lesquels stéréotypes?

«Malheureusement, on entend souvent le même genre de commentaires que lorsque j’ai fais mon coming-out il y a plus de 10 ans. « Qui fait le gars entre vous deux? » « Les lesbiennes s’habillent de façon masculine et ont les cheveux courts... » « Les lesbiennes détestent les hommes...» « Elle a fait ce choix parce qu’elle n’a pas encore rencontré le bon gars... » On entend encore ça autour de nous en 2019.»

Comment montrer plus de modèles positifs?

«Montrer de manière artistique et créative, toute la diversité de nos communautés. Changer l’opinion qu’être LGBTQ te place sous le monde hétérosexuel et cis. Montrer toutes ces belles personnes qui réussissent, qui rendent nos communautés si belles et stimulantes, tant par la création que leur vision. Inspirer les jeunes et les moins jeunes.»

Quels sont tes modèles de femmes inspirantes?

«Bonne question, il y en a tellement! J’aime beaucoup les personnes qui travaillent à changer le système et qui n’avaient pas nécessairement le profil attendu par le public, par exemple en politique - Manon Massé au Québec et Alexandria Ocasio-Cortez aux États-Unis. Sinon, et bien de nombreuses artistes qui se servent de leur travail pour faire évoluer la société comme la productrice, scénariste et comédienne américaine Lena Waithe - ou plus localement - mon mentor Martine Roy - qui s’implique pour les personnes LGBTQ depuis plus de 20 ans à travers tout son parcours professionnel et personnel.»