POLITIQUE
13/09/2019 07:41 EDT | Actualisé 13/09/2019 07:43 EDT

La loi sur la laïcité s'invite lors du premier débat non officiel des chefs

L'absence de Trudeau a été remarquée puisque les organisateurs avaient décidé de laisser sur la scène le lutrin derrière lequel il aurait été placé.

Frank Gunn/La Presse canadienne
Un lutrin vide a été laissé sur la scène pour montrer l'absence de Justin Trudeau.

La loi québécoise sur la laïcité s’est brièvement invitée lors du premier débat non officiel des chefs de la campagne fédérale.

Les animateurs ont demandé aux trois chefs présents - Elizabeth May, Andrew Scheer et Jagmeet Singh - quelle était leur position au sujet de la loi 21.

Tous trois ont répondu qu’ils n’interviendraient pas si la loi était contestée devant les tribunaux.

La cheffe du Parti vert a dit qu’elle tenterait plutôt de trouver un emploi pour ceux qui s’en iraient du Québec parce qu’ils ne pourraient plus y travailler en raison de l’interdiction du port de signes religieux à certains employés de l’État dans l’exercice de leur fonction.

Le chef du NPD a livré un propos incisif concernant la loi québécoise sur la laïcité.

M. Singh a affirmé songer aux jeunes qui sentiront que ce projet de loi leur dit qu’ils n’ont “pas leur place à cause de leur apparence”. “C’est de la discrimination, et c’est triste et blessant”, a-t-il soutenu.

À voir: la vidéo intégrale du débat

 

La controverse impliquant la firme d’ingénierie SNC-Lavalin est revenue sur le tapis à un moment inattendu: au cours de la période réservée aux questions autochtones.

Mme May a suggéré que l’entreprise québécoise pourrait construire des infrastructures pour les Premières Nations à titre de travaux communautaires.

M. Scheer a pris la balle au bond pour parler de la présumée implication du chef libéral Justin Trudeau dans ce scandale. Il a plus tard promis que le procureur général aura toute la latitude nécessaire pour déterminer si des poursuites judiciaires seront intentées contre une entreprise accusée de corruption.

M. Scheer et Mme May se sont entendus sur un autre sujet: tous deux disent vouloir diriger un gouvernement qui vivra à l’intérieur de ses moyens.

Selon le chef conservateur, certains signes laissent présager des difficultés économiques pour le Canada. Il craint que le gouvernement n’ait pas la marge de manoeuvre nécessaire pour renverser la situation. Il a promis qu’un gouvernement conservateur équilibra le budget d’ici cinq ans.

M. Scheer et Mme May se sont affrontés par ailleurs sur les politiques à l’égard d’Israël.

M. Singh, le chef néo-démocrate, a mis l’électorat en garde contre l’élection d’un gouvernement dirigé par M. Scheer. Rappelant l’exemple de Stephen Harper, il a prédit qu’un gouvernement conservateur réduirait les services.

La première question du premier débat non officiel des chefs de la campagne fédérale a été posée à Elizabeth May à propos de sa promesse d’un revenu minimum garanti.

Mme May a déclaré que cet engagement était très réaliste même si un certain nombre d’années seront nécessaires pour la mise en place d’un tel programme. Il faudra établir les montants justes pour tenir compte du coût de la vie dans chaque province, a-t-elle précisé.

Les trois chefs avaient été accueillis par des partisans tenant des pancartes, scandant des slogans et lançant des cris d’encouragement à leur favori respectif. Un petit groupe de partisans de Maxime Bernier étaient également sur place pour réclamer la présence du chef du Parti populaire du Canada à ce débat.

L’absent

M. Trudeau a refusé de participer au débat organisé par le magazine “Maclean’s” et le réseau CityTV, préférant consacrer le deuxième jour de sa campagne à parcourir la Colombie-Britannique et l’Alberta, cette dernière province lui étant plutôt hostile lorsque vient le temps d’aborder l’enjeu de l’industrie des sables bitumineux.

Son absence a été remarquée puisque les organisateurs avaient décidé de laisser sur la scène le lutrin derrière lequel aurait été placé M. Trudeau.

Il a toutefois confirmé sa participation aux débats officiels organisés dans les deux langues par la Commission des débats des chefs, en plus d’un autre débat en français organisé au Québec par le réseau TVA.

“L’occasion de traverser le pays, de parler avec les Canadiens, de les écouter et de discuter de la manière dont on va construire un avenir meilleur pour tous est au coeur de ce que cette élection représente pour moi”, a commenté Justin Trudeau lors d’une annonce à Victoria, jeudi matin.

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