POLITIQUE
13/08/2019 18:53 EDT | Actualisé 13/08/2019 18:58 EDT

Loi 101: le PQ et QS demandent un durcissement des positions linguistiques

Les deux partis réclament du gouvernement Legault qu’il donne plus de mordant à la loi, en vue de renforcer le statut du français au Québec.

Gwengoat via Getty Images

QUÉBEC — Le Parti québécois (PQ) et Québec solidaire (QS) réclament du gouvernement Legault qu’il donne plus de mordant à la loi 101, en vue de renforcer le statut du français au Québec.

Le Parti libéral du Québec (PLQ) souhaite quant à lui, à tout le moins, qu’il aille plus loin sur le plan de la protection linguistique que de créer éventuellement un poste de commissaire aux plaintes.

En mêlée de presse, mardi, le député péquiste Joël Arseneau a augmenté la pression sur le gouvernement, afin qu’il présente un véritable plan d’action de protection et de promotion du français, incluant des mesures législatives plus musclées que celles en vigueur dans la Charte de la langue française actuelle (loi 101).

Notamment, inquiet de la langue de travail, le PQ réaffirme la nécessité à ses yeux d’étendre les programmes de francisation obligatoires aux entreprises de 25 à 49 employés et se dit ouvert à relancer le débat sur la fréquentation obligatoire du cégep en français.

Le gouvernement, a-t-il commenté, ne peut pas se contenter de créer un poste de commissaire aux plaintes sur la langue française, au moment où le français recule «et que la bilinguisation est rampante».

La création de ce poste ne peut donc pas être «la panacée» au recul du français, selon lui. «Il y a d’autres mesures que nous allons proposer», a-t-il ajouté.

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L’idée de créer un poste de commissaire aux plaintes, une sorte de chien de garde de la langue française, fait partie des engagements électoraux de la CAQ. De plus, une motion en ce sens, adoptée à l’unanimité, avait été déposée à l’Assemblée nationale en avril dernier.

Ce commissaire relèverait de l’Assemblée nationale et non du gouvernement, lui assurant ainsi une plus grande indépendance.

Chez Québec solidaire, on croit aussi que ce ne serait pas suffisant et que «si François Legault est sérieux dans sa volonté de passer à l’action, il doit aller plus loin: mieux protéger le français en milieu de travail», a commenté par voie de communiqué le porte-parole sur ces questions, le député Sol Zanetti, qui partage la préoccupation du PQ pour la langue de travail dans les PME.

Mais QS va encore plus loin que le PQ.

«Tant qu’à rouvrir la Charte, il faut en profiter pour renforcer la Loi 101 en élargissant sa portée aux entreprises employant 10 personnes et plus. C’est là le talon d’Achille du français au Québec, mais les gouvernements précédents ont refusé d’intervenir de peur de froisser le patronat», selon lui.

Québec solidaire réclame de plus au gouvernement de décréter l’entrée en vigueur de l’article 1 de la loi 104, qui stipule que l’État québécois doit communiquer uniquement en français avec les entreprises.

Sans aller aussi loin, le PLQ partage l’avis des autres partis d’opposition en disant que le gouvernement ne peut pas se limiter à créer un poste de commissaire.

«On s’attend à plus de la part d’un gouvernement de la Coalition avenir Québec», un gouvernement «qui a réduit le budget de l’Office québécois de la langue française (OQLF)», a commenté en mêlée de presse le député libéral André Fortin, sans préciser les attentes du parti en ce domaine.