Alcool, café, sushi: cette auteure réévalue les contraintes pour les femmes enceintes

La grossesse est l'une des expériences de vie les plus profondes et marquantes... mais qui vient avec son (vaste) lot stressant de questionnements.

Si, enceinte, on ne se privait pas de sushis? Si on ne se limitait pas à une tasse de café? Et le vin dans tout ça? Toutes ces questions que l’on se pose, l’auteure Emily Oster, docteure en économie diplômée d’Harvard, y répond dans cet ouvrage «Enceinte : ce qu’on vous a toujours dit sur la grossesse, ce qu’il faut vraiment savoir de la conception à l’accouchement». Chiffres et données scientifiques fouillées à l’appui.

La réalité des chiffres

L’auteure indique qu’en présentant la réalité des chiffres, elle espère aider les futures mamans à faire leurs propres choix, à avoir les idées claires. Il ne s’agit pas seulement de dire qu’un verre de vin n’a rien d’inacceptable, mais d’expliquer pourquoi, en présentant les chiffres derrière.

Quel est le risque de fausse couche par semaine? Quels poissons manger pour rendre votre enfant intelligent? Est-ce que votre prise de poids est dans la norme? Quels sont les avantages et les inconvénients des tests prénataux? Vaut-il mieux bouger ou rester alitée? Faut-il déclencher le travail ou attendre, accoucher sous péridurale ou non? Chercher à planifier l’accouchement?

Autant de questionnements sur tous ces multiples sujets qui peuvent submerger les femmes au début et tout au long de leur grossesse. Nous aborderons ici seulement deux sujets: - ceux de la prise d’alcool et - de certains aliments pointés généralement du doigt pendant la grossesse.

Le houleux sujet de l’alcool...

C’est bien l’un des sujets les plus sensibles de la grossesse. Peut-on boire un, deux ou plus de verres d’alcool par semaine pendant la grossesse? Certaines font le choix de ne pas boire du tout quand d’autres s’autorisent quelques gorgées de vino sur fond de culpabilité - et parfois même de regards accusateurs. Que faut-il en retenir, selon l’auteure?

«Rien ne prouve qu’une faible consommation d’alcool a un impact négatif sur votre bébé. Cela signifie :

- Jusqu’à un verre par jour au cours des deuxième et troisième trimestres.

- Un à deux verre(s) par semaine au cours du premier trimestre.

- Gardez à l’esprit que la vitesse de consommation importe: évitez à tout prix les shooters de vodka !

- Une consommation d’alcool plus importante a des effets négatifs, en particulier un enchaînement de quatre ou cinq verres. À éviter. »

Fini les sushis! Et la charcuterie?

Cliché (ou pas), l’image de la femme enceinte rêvant de se sustenter de sashimis et autres sushis, d’huîtres et de tartares est un classique. Stigmatisés comme le diable, ces aliments sont-ils vraiment à bannir? À quel saint se vouer? Voici ce qu’il faut retenir selon l’auteure.

«Ne vous faites pas trop de souci au sujet des sushis et des œufs crus – ils peuvent être vecteurs de bactéries, mais ces bactéries ne sont pas plus dangereuses quand vous êtes enceinte que quand vous ne l’êtes pas.

Contracter la toxoplasmose pendant la grossesse peut nuire à votre bébé. Les risques sont toutefois faibles et vous pouvez les réduire de moitié en lavant soigneusement vos légumes et en ne mangeant pas de viande crue ou saignante.

La bactérie d’origine alimentaire la plus dangereuse est la Listeria. Malheureusement, les sources sont diverses: cantaloups, céleri, pousses de soya, etc.

Éviter la listériose est donc difficile, mais au vu de ce qui s’est passé au cours des dernières années, il vaudrait peut-être mieux éviter le queso fresco et les sandwichs à la dinde.

Si vous tombez malade, appelez votre médecin.»

S’il est intéressant de voir les points de vue de l’auteure qui jette un nouveau regard sur certaines questions entourant la grossesse, ne pas oublier qu’il vaut tout de même mieux toujours consulter son médecin pour les décisions qui touchent notre santé et celle du bébé!