DIVERTISSEMENT
19/09/2019 14:33 EDT

Linda Sorgini revient sur son rôle explosif dans «Cerebrum»

«C’est délicat, la santé mentale, c’est assez subtil comme jeu...»

Radio-Canada

Des costumes flamboyants, une chevelure rouge feu et une personnalité explosive obsessionnelle : le personnage que défend Linda Sorgini dans la nouvelle série Cerebrum a représenté un beau défi pour son interprète. Pour l’actrice, que l’on n’avait pas vue au petit écran depuis la fin d’Au secours de Béatrice, il y a deux ans, jouer le rôle d’une femme aux prises avec des problèmes de santé mentale devait se faire tout en dosage et en souci de crédibilité.

Un beau et excellent défi

«Dans notre métier, il ne faut pas trop avoir de gêne, lance Linda Sorgini. On n’aime pas se voir à l’écran, surtout quand on vieillit. Comme dit Catherine Deneuve : ″C’est plus facile vieillir dans la vie qu’à l’écran″.»

Ce personnage qui devrait bien faire parler, c’est celui d’Esther Delorme, une actrice qui n’a jamais vraiment beaucoup travaillé en raison de ses problèmes de santé mentale. Un personnage important dans l’intrigue de cette histoire de disparition se transformant rapidement en captivant thriller.

«C’est une femme qui a fait des psychoses et une petite fille qui veut encore plaire, explique la comédienne. Elle est très attachée à son médecin. En fait, elle souffre d’érotomanie. Elle l’aime et c’est très envahissant pour elle. On va voir ce qui va arriver avec tout ça…»

Si elle a consenti à teindre sa chevelure en rouge éclatant à la seconde où le réalisateur et auteur Richard Blaimert lui en a parlé, c’est que l’actrice - qui n’avait encore jamais travaillé à ses côtés - lui faisait entièrement confiance. Le comparant à un chef d’orchestre, elle affirme avoir laissé son écriture et ses directives la guider dans son interprétation, qu’elle souhaitait crédible et bien dosée.

«Quand c’est bien écrit, tu le fais, dit-elle. Les réalisateurs étaient là pour me diriger, me dire : ″Va là, ne va pas trop là″. C’est délicat, la santé mentale, c’est assez subtil comme jeu. Il faut savoir doser. Il faut aussi savoir faire confiance au réalisateur, tout comme il faut se faire confiance. Et puis, ce n’est pas mon premier barbecue. Il faut simplement plonger et ne pas trop y penser.

L’actrice affirme que le fait de surprendre les gens en interprétant un rôle aussi intense n’est pas quelque chose à laquelle elle pense. «Je pense plutôt au travail et à ce que je peux amener de crédible au scénario. Oui, c’est sûr que les gens vont me découvrir sous un autre jour, mais je ne pense pas à cela. Je pense au personnage, à ce que je peux livrer. C’est un beau et un excellent défi. Pour le reste, j’espère seulement que les gens vont aimer cette série qui me rend fière et qui, je le sens, va marcher.»

D’abord intriguée par le côté thriller à la lecture du scénario de Cerebrum, elle trouve que l’angle de la maladie mentale vient ajouter richesse et couleur à l’histoire.

«Ça ajoute à l’intrigue et c’est ce qui fait qu’on est tous happés par cette série.  La maladie mentale, c’est complexe. Tu as une maladie des reins, tu vas en dialyse, tu as une maladie cardiaque, on te fait une opération, mais qu’est-ce que tu fais avec la maladie mentale? Si tu as des gens autour qui en souffrent, c’est assez hallucinant! Ce n’est pas si loin de nous au fond, on en voit dans la rue et même dans notre cercle proche.»

Confiant en riant qu’elle n’a pas désiré racheter les costumes flamboyants de son Esther à la fin du tournage, la comédienne ne peut que vanter le talent de Claude Legault qui tient – avec la comédienne Christine Beaulieu - le rôle principal de Cerebrum .

«Claude est fascinant dans le rôle du Docteur Lacombe. Il est si doux. Je lui ai dit qu’il devrait changer de métier, car avec la compassion, la simplicité et l’écoute qu’il a avec Esther, il est tombé dans le mille.»

Cerebrum est disponible sur ICI Tou.tv Extra.

Linda Sorgini est entournée cet automne dans la pièce Le Schpountz, et fera partie de la distribution de Nelligan, qui sera présentée au TNM dès janvier 2020.

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