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02/09/2019 11:34 EDT | Actualisé 02/09/2019 15:03 EDT

Les taxis du Québec entreront en grève rotative mardi

Parmi les villes touchées, on compte entre autres Laval, Trois-Rivières, Sept-Iles, Gaspé, Tremblant, Sainte-Thérèse, Magog, Drummondville, Rimouski, Saint-Hyacinthe et Sherbrooke.

Gabriela Tulian via Getty Images

MONTRÉAL — Des chauffeurs de taxi entameront mardi matin une grève rotative qui se poursuivra les jours suivants afin d’exprimer leur mécontentement face à l’intransigeance du ministre des Transports, François Bonnardel, lors de l’étude détaillée du projet de loi 17 à l’Assemblée nationale.

La grève touchera pratiquement toutes les régions du Québec, à l’exception de Montréal.

Les chauffeurs souhaitent faire pression sur le ministre «pour qu’il soit réceptif à nos demandes et au désespoir des chauffeurs de taxi», a expliqué Serge Lebreux, porte-parole de l’Association des taxis des régions du Québec (ATRQ).

En ce moment, le ministre est «insensible» et refuse de «bouger d’une virgule», s’est désolé M. Lebreux lors d’une entrevue téléphonique avec La Presse canadienne. «On ne peut pas lui faire entendre raison, même quand il s’agit de l’aspect de la sécurité», a-t-il ajouté.

Mardi, de 9h à 11h, les taxis de Vaudreuil, Coteau-du-Lac, Valleyfield, Trois-Rivières, Sept-Îles, Prévost, Saint-Lin, Chandler, Gaspé, Tremblant, Mont-Laurier, Matane, Sainte-Thérèse, Alma, Magog, Shawinigan, Drummondville et Saint-Elzéar seront en grève.

Seuls les services jugés absolument nécessaires et essentiels seront assurés, soit le transport adapté et médical.

Mercredi, ce sont les taxis de Rivière-du-Loup, Granby, La Baie, Rimouski, Saint-Jérôme, Coaticook, Sainte-Anne-des-Monts, Farnham, Saint-Hyacinthe, Saint-Jean-sur-Richelieu, Terrebonne, Sainte-Agathe, Saint-Eustache, Joliette et Sherbrooke qui poursuivront la grève rotative.

Le lendemain, jeudi, ce sera autour des taxis de Québec, Laval, Hull, Le Gardeur, Lachute, Jonquière, Trois-Rivières, Granby, Baie-Comeau, Thetford Mines, Black Lake, Chicoutimi, Repentigny, Rouyn-Noranda, Gatineau, Cap-aux-Meules et Mont-Joli.

Par la suite, le cycle des grèves recommencera.

L’ATRQ dit laisser «libre cours à l’imagination» des chauffeurs quant à la façon de manifester. Selon M. Lebreux, cette imagination se transposera probablement par le bruit des klaxons, une présence devant les bureaux de circonscription des députés et des convois visant à ralentir la circulation dans les villes.

Jouer le tout pour le tout

M. Lebreux a expliqué que le regroupement de chauffeurs et de propriétaires de taxi qu’il représente «prend le risque» que cette grève redirige certains clients vers des concurrents.

«On n’a plus rien à perdre actuellement, a-t-il estimé. On joue le tout pour le tout. Les gens sont désespérés. Les gens veulent manifester. Les gens veulent s’exprimer.»

Les propriétaires de permis de taxi sont insatisfaits de l’indemnisation comprise dans la réforme du gouvernement du Québec. Celle-ci s’élève à 814 millions $, dont 250 millions $ versés en 2018 aux titulaires de permis, 250 millions $ annoncés en mars dernier, 270 millions $ sous la forme d’une redevance perçue à chaque course, et 44 millions $ offerts à l’industrie pour se moderniser, provenant des redevances payées par Uber depuis 2017.

Les chauffeurs de taxi réclament plus de 1,3 milliard $ de dédommagement pour la perte de valeur de leurs permis et leur rachat

à la suite de l’arrivée de l’entreprise Uber dans le marché québécois.

L’ATRQ affirme représenter 45 compagnies de taxi qui possèdent près de 1300 taxis dans toutes les villes du Québec à l’exception de Montréal.

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