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«Les pires moments de l'histoire»: quand on se compare...

Cinq sombres nouveaux épisodes pour passer un agréable temps des Fêtes sur le bord du feu...

Encore une fois cette année, Urbania nous offre un superbe cadeau pour nous plonger dans l’esprit des Fêtes, soit une toute nouvelle saison du balado Les pires moments de l’histoire, avec Charles Beauchesne.

En cette année où les artistes de toutes les disciplines ont redoublé d’ingéniosité pour nous faire sourire, pour nous remonter le moral, et pour nous faire oublier notre marasme et notre ras-le-bol collectif, Charles Beauchesne propose plutôt de nous emmener – par la force des choses – sur l’avenue où les arcs-en-ciel ne sont pas les bienvenus du «quand on se compare, on se console».

L’humoriste ne lésine pas une fois de plus sur les «détails dark» et les «détails dark dans des détails intéressants» pour nous faire apprécier notre doux confort à sa juste valeur.

Et malgré les horreurs de la petite histoire de l’humanité qui sont relatées ici, nous pouvons vous assurer que vous rirez. Beaucoup.

Mais vous aurez peut-être aussi besoin d’un câlin une fois l’écoute terminée.

Pour ce troisième tour de piste, l’humoriste, appuyé aux textes et à la recherche par Odrée Rousseau et François De Grandpré, revisite des moments toujours aussi sinistres, tout sauf glorieux, mais diablement captivants de l’histoire de l’être humain, dont la famine en Ukraine, l’Inquisition espagnole, et l’histoire des Allumettières de l’Outaouais (premier épisode du balado consacré à «l’horreur made in Québec»).

Le trio nous propose également de revisiter les faits d’armes du conquérant Gengis Khan, et les habitudes, disons, discutables du roi Henri VIII (décrit ici comme «le plus dégueulasse des sociopathes égoïstes, gloutons, misogynes qui te parlent en te pointant avec une cuisse de poulet pleine de sauce que l’Angleterre n’ait jamais connu»).


Comme on ne change pas une formule gagnante, cette troisième saison suit la même ligne directrice que celle des précédentes, abordant chacun de ses sujets avec une impressionnante rigueur tout en employant un humour à la fois (très) noir et hyper référentiel pour faire passer la pilule auprès des auditeurs d’aujourd’hui.

Chaque détail dans l’élaboration du balado semble néanmoins prendre du galon d’une saison à l’autre.

Charles Beauchesne bonifie sans cesse ses talents (déjà immenses) de narrateur, oscillant habilement entre le débit et le ton du podcast et ceux plus propres à la scène; la recherche est de plus en plus poussée (cette troisième saison durant au final une bonne demi-heure de plus que la précédente); et les trois auteurs s’en permettent également de plus en plus au niveau de l’humour, se jouant avec beaucoup de doigté du gouffre immense entre ce qui était acceptable à une certaine époque et ce qui ne l’est définitivement plus aujourd’hui.

Ce qui fait également la grande force du balado, c’est son caractère à la fois volatil et hautement imprévisible, sa façon de nous surprendre dans le moindre détour pour retenir notre attention et nous pousser à en vouloir toujours davantage. Ce qui n’est pas peu dire de nos jours.

Notons en ce sens que les écoutes répétées sont définitivement requises afin d’assimiler chaque détail, et ce, aussi bien historique qu’humoristique.

Loin de nous l’idée de comparer des pommes avec des oranges, mais nous oserons affirmer que vous voudrez revisiter chaque épisode des Pires moments de l’histoire au même titre qu’un Album du peuple de François Pérusse. Et en plus, vous apprendrez de choses. Beaucoup de choses.

Oui, c’est aussi bon que cela.

Les trois saisons des Pires moments de l’histoire sont disponibles dès maintenant sur les différentes plateformes de diffusion.

Les oreilles plus chastes pourront bientôt se tourner vers l’application OHdio de Radio-Canada pour une version «épurée» de ces belles leçons d’histoire.

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