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22/12/2019 16:46 EST | Actualisé 22/12/2019 16:48 EST

Les Petits Frères s'activent pour rompre la solitude des aînés seuls à Noël

Au Québec, ce sont près de 1100 bénévoles qui ont choisi cette année de souligner Noël en compagnie de personnes seules de grand âge.

Halfpoint via Getty Images

Fidèles à leur tradition, les Petits Frères se mobilisent encore pendant cette période des Fêtes pour rompre la solitude de ceux qu’ils appellent leurs «Grands Amis».

Au Québec, ce sont près de 1100 bénévoles qui ont choisi cette année de souligner Noël en compagnie de personnes seules de grand âge.

Le 24 décembre, ils iront à la rencontre de ceux qui ne peuvent pas se déplacer pour leur remettre des paniers-cadeaux, que ce soit à leur domicile, dans des résidences pour aînés, en CHSLD, voire même à l’hôpital. Puis le jour même de Noël, les aînés les plus ragaillardis prendront part à une quinzaine de grandes réceptions un peu partout au Québec. À Montréal, pas moins de 450 convives sont attendus pour le traditionnel dîner de Noël, qui en est à sa 34e année.

La directrice générale de l’organisme, Caroline Sauriol, explique que les Petits Frères concentrent leurs efforts sur les personnes âgées de 75 ans et plus, qui traversent souvent une période de transition au cours de laquelle ils perdent des êtres chers, de même que certaines de leurs capacités.

«Notre passion, c’est de dénicher ces personnes qui se replient sur elles-mêmes et de leur dire que ces années-là qui leur restent, même s’il y a des difficultés qui s’en viennent, elles peuvent être agréables, heureuses, chaleureuses et qu’on va être avec eux pour toute cette période de la vie», expose-t-elle.

Les «Grands Amis» comptent présentement 17 centenaires dans leurs rangs, où la moyenne d’âge est de 85 ans. Leur accompagnement se fait surtout par jumelage avec des bénévoles, et ce, à longueur d’année.

«Pour changer la vie d’une personne isolée, il ne s’agit pas juste d’aller la voir une fois. Il n’est pas question de la désennuyer. Il faut qu’on ait un lien avec elle. Il faut qu’elle sente qu’elle compte pour quelqu’un», fait valoir Mme Sauriol.

«C’est ça qui redonne à cette personne une place dans le monde. Quand les gens disent “Le bon Dieu m’a oublié” ou “Si je meurs, personne ne va s’en rendre compte”, poursuit-elle. C’est effroyable ce sentiment. C’est comme si notre vie était finie avant l’heure.»

Le travail des bénévoles revêt selon elle une importance particulière à ce moment-ci de l’année. «Quand on arrive dans la période des Fêtes, la solitude et l’isolement, c’est absolument cruel. Ce sont vraiment des fêtes dans lesquelles on célèbre la famille. Les gens qui sont seuls voient bien les annonces à la télé et toutes les personnes qui les entourent sont dans un mode de festivités.»

Caroline Sauriol souligne que les bénévoles sont souvent de jeunes retraités qui commencent à «se questionner sur la vieillesse quand eux-mêmes voient ça poindre à l’horizon». D’autres ont transformé leur engagement de longue date en une véritable tradition familiale. Mme Sauriol cite en exemple un bénévole qui s’impliquait auprès des Petits Frères en compagnie de sa mère et qui continue à porter le flambeau maintenant que celle-ci n’a plus la forme.

En entrevue avec La Presse canadienne, la directrice générale des Petits Frères a tenu à saluer la générosité des bénévoles, mais aussi du grand public qui assure la majeure partie du financement de l’organisme par ses dons. Les Petits Frères espèrent pouvoir se déployer au-delà des 11 régions administratives où ils sont présents à l’heure actuelle, tandis que le vieillissement de la population est une tendance qui s’observera pour encore plusieurs décennies. L’Institut de la Statistique du Québec dénombre présentement près de 700 000 Québécois âgés de 75 ans et plus.

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