POLITIQUE
14/09/2019 16:07 EDT | Actualisé 14/09/2019 17:07 EDT

Les libéraux évoquent Donald Trump pour attirer le vote ouvrier

Une nouvelle publicité en anglais vante la résistance du gouvernement canadien contre le discours protectionniste de la Maison-Blanche pendant les négociations visant à renouveler l'ALENA.

ASSOCIATED PRESS/Jose Luis Magana
Dans cette photo d'archives du 12 septembre 2019, le président Donald Trump prend la parole à Baltimore.

Un visage bien connu vient d’apparaître sur le front électoral canadien: celui de Donald Trump.

Ce sont les libéraux qui évoquent le président américain dans une nouvelle publicité en anglais qui vise à renforcer les liens entre leur parti, les syndicats et les ouvriers. 

La publicité intitulée «Se battre bec et ongles» est narrée par la ministre des Affaires étrangères Chrystia Freeland. Elle vante la résistance du gouvernement canadien contre le discours protectionniste de la Maison-Blanche pendant les négociations visant à renouveler l’entente de libre-échange nord-américain.

Le chef libéral Justin Trudeau a fait l’objet de maintes critiques de ses adversaires conservateur et néo-démocrate, Andrew Scheer et Jagmeet Singh, au cours de ces négociations.

M. Singh a promis samedi des mesures à caractère protectionniste de son cru pour aider à sauver des emplois dans l’industrie automobile canadienne.

Il a promis de relancer le Fonds d’innovation pour l’automobile de 300 millions $ pour encourager la fabrication au pays de véhicules sans émissions. Une condition y sera toutefois rattachée: les fabricants et les fournisseurs de pièces automobiles devront investir pour maintenir les emplois au Canada.

«Tout ce que les libéraux et les conservateurs ont fait a été de donner des chèques en blanc à des sociétés fortunées - des chèques en blanc sans condition, a déploré M. Singh qui était accompagné de travailleurs de l’automobile touchés par la fermeture de l’usine d’Oshawa. Si nous investissons dans nos secteurs, des conditions seront impérativement établies pour que des emplois restent au Canada.»

Les néo-démocrates investiraient aussi davantage pour inciter les consommateurs à considérer sérieusement l’achat d’un véhicule sans émission. L’actuel programme de 5000 $ mis en place par le gouvernement libéral serait multiplié par trois, mais uniquement pour des véhicules assemblés sur le sol canadien ou contenant un certain pourcentage de pièces fabriquées ici.

Il a aussi promis de résister à Donald Trump s’il devient premier ministre.

Des réactions divergentes

M. Trudeau a eu maille à partir avec des électeurs nationalistes lors d’un passage dans un restaurant à déjeuner situé dans Montcalm, une circonscription bloquiste.

Le chef libéral a dû défendre sa position au sujet de la loi québécoise sur la laïcité.

Certains ont jugé que son opposition à l’interdiction du port de signes religieux par des employés en position d’autorité était anti-québécoise, d’autres lui ont reproché d’être «flou» dans ses intentions.

«Je n’aime pas entendre ‘pour le moment’, on ‘verra’ ou il va étudier tous les dossiers, mais il va nous donner des réponses après l’élection. Comme citoyenne, j’aimerais ça avoir des réponses avant plutôt qu’après», a dit Monique Gagné, une sympathisante bloquiste.

M. Trudeau a expliqué qu’il fallait respecter les choix individuels sur les signes religieux et qu’il s’agissait d’une question délicate.

«Je ne vois aucune contradiction entre être Québécois et être Canadien en même temps. Pour la plupart des Québécois, c’est comme ça aussi», s’est aussi défendu le chef libéral.

Plus tard, lors d’un arrêt dans la circonscription voisine de Berthier-Maskinongé, un autre électeur est venu apporter un peu de baume au chef libéral en l’encourageant à maintenir sa position.

Une taxe «GAFA»

Le Bloc québécois souhaite que le gouvernement fédéral impose une «taxe GAFA» de 3 pour cent sur le chiffre d’affaires des multinationales du web qui font des affaires au Canada, afin de financer un fonds de soutien aux médias d’information, aux arts et à la culture.

Le chef bloquiste, Yves-François Blanchet, a dénoncé samedi le «franc piratage» des médias conventionnels par les GAFA, un acronyme servant à désigner Google, Amazon, Facebook et Apple, au quatrième jour de la campagne électorale.

Le Bloc «exige» également qu’Ottawa force les fournisseurs de service en ligne, notamment Netflix, à percevoir la taxe sur les produits et les services (TPS).

Le chef bloquiste a déploré que le gouvernement canadien ait eu une «grande faiblesse au niveau de la colonne vertébrale» en décidant de «brader» l’imposition de la TPS à Netflix en échange d’un investissement de 500 millions $ dans la production de séries au Canada.

La formation politique estime que la redevance de 3 pour cent permettrait au gouvernement fédéral de percevoir près de 500 millions $ et que la perception de la TPS ajouterait 100 millions $. De cette somme, le Bloc plaide qu’au moins 240 millions $, soit 40 pour cent, reviennent au Québec.

Scheer dans l’eau bouillante

Le passé d’une autre candidate conservatrice est revenu hanter le chef Andrew Scheer.

Plusieurs libéraux ont dénoncé sur les réseaux sociaux la candidate conservatrice dans la circonscription de Kanata-Carleton, Justina McCaffrey, qui apparaît dans une vidéo tournée il y a un an avec la commentatrice de la droite extrême Faith Goldy.

M. Scheer dit qu’il n’avait rien à voir avec Mme Goldy. Selon lui, les libéraux ont soulevé cette question afin de distraire l’électorat du bilan de leur gouvernement et de certains de leurs candidats au passé douteux.

Les libéraux ont aussi dénoncé des propos de Mme McCaffrey où elle déplorait que Justin Trudeau se préoccupât du Québec et des francophones. La candidate a présenté des excuses à ce sujet, mais elle n’a pas mentionné ses liens avec Mme Goldy.

Le chef conservateur a aussi affirmé que les conservateurs font preuve de transparence à propos de leurs candidats, c’est, selon eux, ce qui les démarque des libéraux. Il a fait remarquer que les libéraux avaient dû eux aussi obliger des candidats à se désister pour des propos passés.

La cheffe du Parti vert Elizabeth May est de retour dans sa circonscription située dans l’île de Vancouver tandis que le leader du Parti populaire Maxime Bernier est en Beauce.

À VOIR AUSSI: Jim Vallance a composé la chanson de campagne des conservateurs