POLITIQUE
14/05/2020 16:10 EDT

Les cérémonies traditionnelles autochtones ne seront pas interdites

«Même devant une pandémie historique, le Canada ne doit pas interdire, et n'interdira pas, ces importantes coutumes» - Marc Miller, ministre fédéral des Services aux Autochtones

Sean Kilpatrick/PC
Marc Miller a souligné que ce sont les chefs des Premières Nations qui prendront la décision ultime au sujet des cérémonies et de la manière dont elles seront célébrées.  

OTTAWA — L’interdiction des cérémonies sacrées est une «tache sombre» sur l’histoire du pays, selon le ministre fédéral des Services aux Autochtones, Marc Miller, qui a annoncé qu’elles seront autorisées malgré les consignes sanitaires pour contrer la COVID-19.

«Même devant une pandémie historique, le Canada ne doit pas interdire, et n’interdira pas, ces importantes coutumes», a-t-il déclaré, jeudi.

Des inquiétudes à ce sujet ont été soulevées à la suite d’une intervention menée par la GRC dans le territoire d’une Première Nation de la Saskatchewan où des gens pratiquaient le rituel de la danse en regardant le soleil, la semaine dernière. Le gouvernement fédéral avait interdit les pratiques rituelles autochtones et le «potlatch» de 1884 aux années 1950.

Le premier ministre Justin Trudeau a souligné que les leaders autochtones savaient ce qu’il était nécessaire de faire pour protéger la population.

Nous devrions pouvoir collaborer avec eux pour trouver des façons pour maintenir ces importantes coutumes afin de tenir compte des recommandations des autorités de la santé publique.Justin Trudeau, premier ministre du Canada

La GRC de la Saskatchewan a dit avoir reçu dimanche deux appels dénonçant un grand rassemblement public sur le territoire cri de Beardy’s & Okemasis, à environ 90 km au nord-est de Saskatoon.

Pas moins de 35 personnes participaient à la cérémonie, mais elles disent avoir respecté les mesures de précaution établies par le chef et le conseil, notamment la distanciation physique. On a aussi pris leur température.

Selon une consigne de la Santé publique de la Saskatchewan, les rassemblements publics doivent se limiter à 10 personnes. Le premier ministre de la province, Scott Moe, a déclaré mercredi qu’aucune dérogation ne sera accordée.

«Le virus s’en fiche, carrément», a-t-il fait valoir.

Selon la Fédération des nations autochtones souveraines, qui représente 74 Premières Nations en Saskatchewan, les consignes des autorités sanitaires provinciales n’ont pas préséance sur les lois des Premières Nations et les traités.

Services aux Autochtones Canada n’a pas précisé qui avait le pouvoir d’imposer et de faire respecter les consignes provinciales de santé publique sur les territoires des Premières Nations. Sa porte-parole, Leslie Michelson a indiqué dans un courriel que les chefs des communautés sont encouragés à s’appuyer sur les directives de la santé publique pour mettre en place leurs propres règles.

Marc Miller a souligné que ce sont les chefs des Premières Nations qui prendront la décision ultime au sujet des cérémonies et de la manière dont elles seront célébrées.

On compte au pays 185 cas de COVID-19 dans les territoires des Premières Nations, dont 43 en Saskatchewan.