Ce legging biodégradable est 100% québécois

Le legging, tout aussi performant, aura la capacité de se décomposer au bout de 4 années dans les sites d’enfouissement... plutôt qu'au bout de 400!
Les soeurs Tremblay
Les soeurs Tremblay

La compagnie québécoise Moov Activewear vient de lancer un legging biodégradable, décliné en quatre styles, entièrement conçu et fabriqué à Montréal par des sportives, océanographes, mères et entrepreneures. Sauver les océans un legging à la fois est la mission de cette entreprise d’ici emmenée par Geneviève et Stéphanie Tremblay, deux soeurs, et ce depuis 2013.

«On continue notre combat contre les microplastiques rejetés dans l’environnement,» déclare par voie de communiqué Geneviève Tremblay, océanographe et cofondatrice de Moov Activewear et Studio Moov. Les deux cofondatrices n’en sont pas à leur premier coup d’essai puisque certains de leur leggings étaient déjà fabriqués à partir de filets de pêche.

Biodégradable, oui, mais comment ça marche?

On le sait, l’industrie du textile est l’une des plus polluantes mondialement. Plusieurs études ont révélé deux principaux impacts négatifs environnementaux: la phase énergivore d’utilisation du vêtement (lavage, séchage, repassage) et la libération de microplastiques dans les océans causée par le processus de lavage.

C’est là que la technologie de ce legging intervient.

La technologie utilisée fait partie d’une nouvelle génération de fils durables. Le BIO-MOOVFLEX (80% de nylon biodégradable et 20% de Lycra) est créé à partir de ce fil pour en faire une fibre exclusive, qui est ensuite tissée et teinte au Québec à moins de 100 km du siège social de l’entreprise, assurant un contrôle de qualité supérieure, fait-on valoir.

C’est par un procédé technologique complexe, mais non dommageable pour la nature, que la fibre synthétique de nylon se voit modifiée pour la rendre biodégradable sans perdre ses qualités initiales. La façon de tisser le produit a aussi un impact sur le potentiel de biodégradation du tissu puisqu’il ne libère pas de microparticules de plastique lors de son lavage, évitant le principal problème des fibres textiles actuelles pour nos cours d’eau et la biodiversité.

Le legging, tout aussi performant, aura la capacité de se décomposer au bout de 4 années dans les sites d’enfouissement... plutôt qu’au bout de 400 comme la plupart des fibres synthétiques.

«Afin de réduire notre empreinte carbone, de protéger l’environnement et le futur des prochaines générations, les consommateurs doivent faire des choix bien éclairés. Les textiles réellement biodégradables plutôt que synthétiques sont une des solutions qui permet de réduire la quantité de microfibres (microplastiques) qui entre dans les océans», déclare Dr Sarah-Jeanne Royer, Océanographe et spécialiste sur la dégradation du plastique dans l’environnement.

Conçus par des femmes pour des femmes

Ces leggings conçus à partir de ce matériau innovant et biodégradable (quatre en tout: Blitz, Salto, Flick ou Straddle) ont été pensés pour épouser les formes du corps féminin. Toutes les formes! Cicatrices de césarienne, hanches larges ou étroites, le legging s’étire pour reprendre sa forme initiale sur le corps de la femme.

« Un legging c’est pour le gym, pour l’extérieur, pour faire des courses, pour mener la vie de fou qu’une femme est capable de mener ou pour lire sur un sofa! C’est une deuxième peau, » explique Stéphanie Tremblay, cofondatrice.

En attendant que les gyms rouvrent, on pourra toujours squatter avec éthique dans notre salon!