POLITIQUE
18/09/2019 12:39 EDT | Actualisé 18/09/2019 15:17 EDT

Les demandes de Legault accueillies avec prudence et retenue par Scheer et Trudeau

Justin Trudeau n'a pas vraiment répondu à la question...

La Presse canadienne et Reuters

Questionné sur les demandes électorales du premier ministre François Legault, Justin Trudeau est resté évasif mercredi, se contentant de souligner le caractère “profondément collaboratif” de son approche envers les provinces.

François Legault avait formulé la veille quatre demandes à l’intention des chefs des partis fédéraux, leur enjoignant notamment d’étendre les pouvoirs du Québec en matière d’immigration et d’autoriser l’assujettissement des entreprises sous compétence fédérale à la loi 101.

Le gouvernement caquiste souhaite également que les chefs de parti s’engagent à ne pas s’impliquer dans une contestation de la Loi sur la laïcité de l’État et à instaurer une déclaration de revenus unique pour les Québécois.

Or, Justin Trudeau s’est déjà montré réfractaire à l’ensemble de ces demandes par le passé. Il a affirmé en début de campagne qu’il ne porterait pas la loi 21 devant les tribunaux “pour l’instant”, mais il n’a jamais caché son désaccord face à cette interdiction du port de signes religieux à certains employés de l’État lorsqu’ils sont dans l’exercice de leurs fonctions, notamment les policiers, les procureurs de la Couronne et les gardiens de prison, ainsi que les enseignants des écoles publiques du primaire et du secondaire.

“Nous prenons toujours très au sérieux les demandes de tout premier ministre provincial, y compris de M. Legault. On va travailler avec lui pour trouver des façons d’aider les Québécois, d’aider les Canadiens de façon responsable”, a déclaré le chef libéral mercredi.

“Nous essaierons de collaborer avec les premiers ministres partout où nous le pouvons, mais nous continuerons à nous tenir debout pour ce qui est juste et ce dont les Canadiens ont besoin”, a-t-il ajouté en anglais.

Scheer offre un oui très partiel

Le chef conservateur n’est pas prêt à s’engager, pour l’instant, sur les demandes du Québec en matière d’immigration.

En campagne à Hamilton mercredi matin, Andrew Scheer a été invité à répondre au désir de Québec pour un plus grand contrôle sur le système d’immigration.

M. Scheer s’est contenté d’exprimer son ouverture pour l’élimination de la duplication des démarches administratives pour les travailleurs étrangers temporaires. Il n’a rien dit du fait que Québec veut décider du nombre de réfugiés et du nombre d’immigrants acceptés pour réunification familiale dans la province. Pas un mot non plus sur l’imposition de tests de français et de connaissance des valeurs québécoises.

“Nous avons toujours dit que nous sommes ouverts à travailler avec le gouvernement du Québec pour donner plus d’autonomie du système d’immigration, s’assurer que le système puisse répondre aux besoins de la province du Québec”, a-t-il dit.

Par le passé, le parti, après débat, s’est prononcé contre l’idée du test des valeurs, a fait remarquer un porte-parole de la campagne conservatrice par courriel, à la suite du point de presse du chef.

″À la lecture de la lettre du premier ministre Legault, il semble que le gouvernement du Québec souhaite mettre en place une ”évaluation des connaissances des valeurs québécoises”, comme ce qui existe présentement au niveau fédéral. Quand nous aurons vu l’évaluation en question, nous pourrons commenter davantage à ce moment”, a ajouté Rudy Husny.

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