OPINION
26/09/2019 09:28 EDT | Actualisé 26/09/2019 10:05 EDT

Réforme du mode de scrutin: Legault renie sa signature et alimente le cynisme envers la politique

Le premier ministre respecte une petite partie de sa promesse, mais rompt avec la partie la plus importante.

Jacques Boissinot/PC
Sonia Lebel et François Legault (Jacques Boissinot/PC)

En déposant le projet de loi 39, le gouvernement Legault se dit fier de respecter sa promesse. La Centrale des syndicats démocratiques (CSD) est toutefois d’avis qu’il n’en respecte qu’une petite partie, qui n’est certes pas la plus importante. 

En effet, l’entente transpartisane signée par François Legault en mai 2018 engageait les partis signataires à déposer un projet de loi avant le 1er octobre 2019, ce qui est maintenant chose faite. Cette entente précisait aussi que l’élection de 2018, et c’est là où la plus grande promesse est rompue, serait la dernière avec un mode majoritaire uninominal à un tour qui crée toujours une distorsion importante entre le vote exprimé et les sièges obtenus.

Le projet de loi nous apprend plutôt que non seulement les prochaines élections seront sous le signe du mode de scrutin que nous connaissons déjà, mais aussi qu’un référendum se tiendra au même moment. Lourde tâche pour les électeurs que de se prononcer sur deux questions si importantes au même moment. Afin de connaître l’opinion des électeurs au sujet de la légitimité de changer le mode de scrutin, ne pourrait-on pas tenir un référendum avant octobre 2022?

Des améliorations notables doivent être apportées pour ne pas faire de cette réforme une occasion ratée.

Plus encore, en enchâssant dans le projet de loi la nécessité d’un référendum, M. Legault reproduit essentiellement le comportement de Justin Trudeau, qu’il avait vertement dénoncé. Pourtant, M. Legault souhaitait aller de l’avant avec la réforme de scrutin puisque de renier cette promesse alimenterait le cynisme politique, disait-il. Or, nous assistons aujourd’hui au dépôt d’un projet de loi qui ne fait qu’alimenter le cynisme politique. C’est déplorable. 

En ce qui concerne les autres aspects du projet de loi, ils ne sont guère mieux. En effet, comme il y aura 45 sièges de répartition pour 17 régions, cela produira une proportionnalité à deux vitesses puisque les régions comptent un nombre différent de circonscriptions, désavantageant ainsi celles qui ont un plus petit nombre de circonscriptions.

Quant aux mesures pour assurer la parité et une meilleure représentation de la diversité de la population, n’en parlons même pas, elles sont tellement molles que presque rien ne va changer à cet égard.

Bref, des améliorations notables doivent être apportées pour ne pas faire de cette réforme une occasion ratée, car ce projet de loi, sous sa forme actuelle, ne propose au fond de ne changer que très peu de choses. 

La section Perspectives propose des textes personnels qui reflètent l’opinion de leurs auteurs et pas nécessairement celle du HuffPost Québec.

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