POLITIQUE
20/10/2020 16:31 EDT

COVID-19: Legault entretient l’espoir sur la levée des restrictions

«Au fur et à mesure qu’on va être capables de pouvoir enlever des restrictions, on va le faire.»

Jacques Boissinot/PC

Le premier ministre François Legault souffle le chaud et le froid, faisant miroiter un allégement des mesures contraignantes, tout en disant que ce serait prématuré.

Qu’il s’agisse de rouvrir les gyms et les restaurants situés en zone rouge, d’autoriser la pratique de sports à l’école, la fréquentation du cégep ou de l’université en personne, le premier ministre a entretenu l’espoir mardi, se montrant ouvert à lâcher du lest.

“On est en train de regarder ça. Puis, au fur et à mesure qu’on va être capables de pouvoir enlever des restrictions, on va le faire”, a-t-il promis, en conférence de presse.

Mais avant d’espérer une embellie, il faudra d’abord que les Québécois fassent l’effort de réduire les contacts entre eux, en vue de faire fléchir la courbe des infections à la COVID-19, qui semble vouloir se stabiliser sans toutefois céder de terrain.

“Je sais qu’il y a beaucoup de personnes aussi qui se disent: bien, pourquoi telle consigne? Je donne l’exemple qui revient souvent: les restaurants, les gyms, pourquoi vous les laissez fermés? Oui, il y a eu des éclosions dans certains gyms, mais pas dans d’autres. Est-ce qu’on peut retourner? Est-ce qu’on pourrait penser retourner au restaurant ou dans les gyms en restant à deux mètres de distance?”, s’est-il interrogé, disant “travailler très fort” en vue d’alléger les restrictions et les interdits.

Une pensée pour les jeunes

Aux jeunes qui vont au cégep et à l’université, il laisse entendre qu’ils peuvent espérer retrouver leurs amis et se présenter en personne pour suivre leurs cours.

“Dans les zones rouges, il y a des jeunes qui n’ont pas mis les pieds dans leur cégep ou leur université depuis un certain temps. Et puis, c’est bien beau les cours à distance devant un ordinateur, là, mais ce n’est pas rien pour motiver quelqu’un”, a-t-il reconnu, avant d’ajouter que “c’est quelque chose qu’on regarde, là, actuellement, est-ce que c’est possible, à un certain rythme, un certain pourcentage des étudiants au cégep puis à l’université, qu’ils aillent faire au moins un tour de temps en temps, une journée à l’université ou au cégep, ne serait-ce que pour le moral des jeunes”.

Questionné sur le double message envoyé à la population, le premier ministre a dit qu’il fallait donner de l’espoir aux gens, tout en rappelant que le statu quo prévaudrait tant que le nombre de cas et d’hospitalisations ne baisserait pas.

Le bilan québécois demeure préoccupant. De lundi à mardi, le Québec a rapporté 787 nouveaux cas d’infections à la COVID-19, 11 nouveaux décès et une hausse de 33 hospitalisations, pour un total de 95 216 personnes infectées depuis le début de la pandémie, en mars.

Épicentre de la pandémie au Canada, le Québec compte près des deux tiers des décès survenus au pays depuis le début de la pandémie, soit 6050, contre 9792 pour l’ensemble du pays. Le Québec ne compte que 22 % de la population canadienne.

Le gouvernement a une responsabilité, mais les citoyens eux-mêmes ont une responsabilité sur la suite des choses. Plus on va faire d’efforts, plus on va pouvoir enlever des restrictions.François Legault, premier ministre du Québec

Le premier ministre a réaffirmé que les Québécois devaient aller se faire tester s’ils ont des symptômes de COVID-19 ou s’ils ont été en contact avec des gens infectés.

M. Legault a noté mardi qu’un million de Québécois se sont inscrits dans l’application Alerte COVID au cours des deux dernières semaines, ce qui peut permettre de détecter rapidement certains contacts potentiels.

“Il faut travailler ensemble sur le dépistage et le traçage et isoler les personnes positives”, a-t-il rappelé, demandant aux gens de respecter les consignes, et de répondre aux appels de la santé publique.