POLITIQUE
26/05/2019 14:33 EDT | Actualisé 26/05/2019 16:31 EDT

Legault veut électrifier les transports, les bâtiments et les entreprises

Le premier ministre a lancé trois grands chantiers qui nécessiteront des investissements sans précédent.

PC/Graham Hughes

MONTRÉAL — Le premier ministre François Legault veut électrifier transports, bâtiments et entreprises afin de réduire de 40 pour cent la consommation de pétrole au Québec d’ici 2030.

Il en a fait dimanche cette annonce au terme du conseil général de la Coalition avenir Québec (CAQ), qui a porté spécifiquement sur l’environnement.

M. Legault a déclaré qu’il s’appuiera massivement sur l’hydroélectricité québécoise à l’avenir pour atteindre ses objectifs.

Il a lancé trois grands chantiers pour ”électrifier le Québec”, qui nécessiteront des investissements sans précédent.

En premier lieu, l’électrification des transports. “Je veux que dans quatre ans, on dise qu’il n’y a pas un gouvernement qui aura réalisé autant de projets de transport collectif que le gouvernement de la CAQ”, s’est exclamé M. Legault dans un discours devant 1300 militants.

Il a dit avoir confié sept projets à son ministre des Transports, François Bonnardel:

  • achèvement du Réseau électrique métropolitain (REM) à Montréal;
  • extension du REM sur les couronnes nord et sud de Montréal;
  • prolongement de la ligne bleue du métro;
  • construction d’un tramway à l’est de Montréal;
  • construction d’un tramway sur le boulevard Taschereau, sur la Rive-Sud;
  • construction d’un tramway à Québec;
  • construction d’un projet de transport sur rail à Gatineau;

“D’ici 2030, tous les nouveaux trains, tramways, autobus financés par le gouvernement du Québec vont devoir être électriques, et ils seront en grande partie fabriqués chez nous, ici au Québec”, a déclaré M. Legault sous un tonnerre d’applaudissements.

Le chef du gouvernement a dit en point de presse chercher une façon d’accroître la portion de contenu local dans ces projets, en soulignant que les États-Unis exigent, eux, 65 à 70 pour cent de contenu local. “Il faut voir ce que les lois nous permettent.”

 

Les Québécois qui habitent en région, et qui ne prennent pas le transport en commun, pourront bénéficier de nouveaux incitatifs financiers pour l’achat de véhicules électriques, a-t-il ajouté dans son discours.

Québec estime qu’un million d’autos électriques équivalent à une réduction de consommation de pétrole de six pour cent.

Électrifier les bâtiments et entreprises

Par ailleurs, François Legault dit avoir demandé à tous les ministères de prendre les moyens nécessaires pour qu’à partir de 2020, les nouveaux bâtiments (écoles, maisons des aînés) soient chauffés et climatisés à l’énergie propre.

Les propriétaires résidentiels et commerciaux seront incités à passer du mazout à l’électricité.

Enfin, le premier ministre souhaite remplacer les systèmes de mazout dans les secteurs industriel et agricole. “On doit électrifier le fonctionnement de nos machines, de nos équipements. Il va falloir innover, inventer de nouvelles techniques”, a-t-il prévenu.

Exporter l’hydroélectricité

Le Québec deviendra “la batterie verte de l’Amérique du Nord”, clame le premier ministre, qui se dit sûr de conclure des “deals” avec l’Ontario et la Ville de New York pour les approvisionner en hydroélectricité québécoise.

“J’ai un deal, comme disait le Parrain, que les Ontariens ne vont pas pouvoir refuser: de l’énergie moins chère et de l’énergie propre”, a-t-il déclaré.

En novembre, au cours d’une rencontre bilatérale à Toronto avec le premier ministre de l’Ontario, Doug Ford, M. Legault avait proposé à l’Ontario de lui fournir de l’électricité au lieu de rénover à des coûts faramineux ses centrales nucléaires. Le Québec avait toutefois par la suite essuyé un refus formel.