POLITIQUE
12/06/2020 09:26 EDT | Actualisé 12/06/2020 14:44 EDT

Grande opération de relations publiques pour le projet de loi 61

Legault a notamment fait appel à ses «amis Facebook» aujourd'hui.

Paul Chiasson/La Presse canadienne

MISE À JOUR: Le gouvernement Legault n’aura pas réussi à faire adopter son projet de loi 61 sur les infrastructures

QUÉBEC — Le premier ministre François Legault a fait appel à ses amis Facebook, vendredi, et déployé quatre de ses ministres dans une vaste opération de relations publiques pour sortir de l’impasse son projet de loi 61.                

Le gouvernement tient absolument à franchir l’étape de l’adoption du principe du projet de loi ce vendredi, afin de pouvoir procéder à son adoption finale la semaine prochaine.

Le projet de loi 61 vise à accélérer la mise en chantier de 202 projets d’infrastructures. Les partis d’opposition y voient une façon pour le gouvernement de s’accorder des pouvoirs et de contourner les règles de saine gestion.

Des ministres qui veulent rassurer

Quatre ministres, dont l’ex-procureure de la commission Charbonneau et ministre de la Justice Sonia LeBel, ont tenu à “rassurer” les Québécois vendredi matin.

Le gouvernement, ont-ils dit, veut aller plus vite, certes, mais il n’est pas question d’éliminer les garde-fous. “Soyez assurés que ça va se faire dans les règles de l’art”, a déclaré Mme LeBel.

Depuis une semaine, le gouvernement a déposé une cinquantaine d’amendements à son projet de loi.

Plusieurs groupes, dont le Comité public de suivi des recommandations de la commission Charbonneau, sont venus lui dire en commission que le projet de loi créait un climat favorable à la collusion et à la corruption.

Comment Mme LeBel, une spécialiste en la matière, n’a-t-elle pas vu en amont les failles du projet de loi? ont demandé les journalistes.

“Je partageais les objectifs du gouvernement (pour la relance économique)”, s’est défendu en somme Mme LeBel.

Legault plaide sa cause sur Facebook

Plus tôt, le premier ministre Legault avait sollicité sur Facebook l’appui des Québécois pour faire pression sur l’opposition.

“Bonjour tout le monde, a-t-il commencé. Je vous écris de bon matin parce que j’ai besoin de votre appui.”

“Dans les prochaines heures, les partis d’opposition devront décider si oui ou non, ils veulent nous aider à relancer l’économie québécoise et construire plus rapidement les écoles, les hôpitaux, les projets de transport en commun et à réparer nos routes maganées.”

Le gouvernement veut aussi accélérer la rénovation des CHSLD et des maisons des aînés, a souligné M. Legault. “On doit bien ça à ceux qui ont bâti le Québec”, a-t-il poursuivi.

Ces projets ne sont pas du “luxe”, a-t-il argué. Il a dit comprendre les inquiétudes des partis d’opposition, mais a rappelé que son gouvernement avait déposé plusieurs amendements.

Par exemple, l’état d’urgence sanitaire ne serait plus prolongé indéfiniment, mais jusqu’au 1er octobre 2020 seulement, a-t-il illustré.

“Malgré ces changements, les partis d’opposition ont décidé de refuser la main tendue par le gouvernement. (...) L’opposition préfère marquer des points politiques au lieu de travailler de bonne foi”.

Le premier ministre peut compter sur des appuis de taille: les villes ont élevé leurs voix dès jeudi soir pour demander aux députés de rapidement trouver un terrain d’entente en vue de l’adoption du projet de loi 61.

L’Union des municipalités du Québec a fait valoir que la relance économique doit passer par la simplification, l’allègement et la réduction dans les délais des projets d’infrastructures et que le temps est compté.

Vendredi, c’était au tour de l’Association de la construction du Québec, de la Fédération des chambres de commerce du Québec et du Conseil du patronat de livrer sensiblement le même message aux députés.

Scindez le projet de loi, dit le PLQ

En point de presse vendredi matin, le porte-parole libéral pour le Conseil du trésor, Gaétan Barrette, a déclaré que son parti était prêt à appuyer une partie du projet.

Il s’agit essentiellement d’articles qui concernent la restauration et le versement plus rapide par l’État de paiements aux entrepreneurs.

M. Barrette a exhorté le gouvernement à scinder le projet de loi afin de retirer ces éléments “purement économiques” qui pourraient être adoptés très rapidement, selon lui.

“Pourquoi ce serait au Parti libéral de décider ce qui est important pour l’économie”, a rétorqué le président du Conseil du trésor, Christian Dubé.

Par contre, les villes ont élevé leurs voix jeudi soir pour demander aux députés de rapidement trouver un terrain d’entente en vue de l’adoption du projet de loi 61.

L’Union des municipalités du Québec a fait valoir que la relance économique doit passer par la simplification, l’allègement et la réduction dans les délais des projets d’infrastructures et que le temps est compté.

Selon François Legault, l’opposition à ce stade-ci “préfère marquer des points politiques au lieu de travailler de bonne foi”.

Scindez le projet de loi, dit le PLQ

En point de presse vendredi matin, le porte-parole libéral pour le Conseil du trésor, Gaétan Barrette, a déclaré que son parti était prêt à appuyer une partie du projet de loi qui touche la restauration.

Il a exhorté le gouvernement à scinder le projet de loi afin de retirer les éléments “purement économiques” qui pourraient être adoptés très rapidement, selon lui.