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29/11/2019 16:01 EST | Actualisé 29/11/2019 16:02 EST

Le prix des maisons devrait grimper au pays en 2020

Des taux hypothécaires plus bas, des mesures pour aider les premiers acheteurs et des seuils d'immigration plus élevés contribuent à gonfler le marché canadien.

grandriver via Getty Images
On peut apercevoir la vue sur Montréal entre ces deux immeubles à condos du quartier Griffintown, à Montréal.

MONTRÉAL ― La prochaine année s’annonce faste pour le marché de l’immobilier... peut-être même un peu trop, pour ceux qui espèrent pouvoir trouver une maison à un prix abordable.

Un bon nombre d’experts prévoient une augmentation du prix des propriétés en 2020, en raison d’un taux hypothécaire bas et d’une demande en hausse – qui devrait être créée par plus de premiers acheteurs et d’immigrants. 

La prévision la plus optimiste (ou la plus pessimiste, pour ceux qui cherchent des prix plus bas) provient de Capital Economics, qui affirmait la semaine dernière qu’«un élan est en train de se créer» dans la croissance des prix de l’immobilier. Si la tendance se maintient, la croissance devrait atteindre un taux annuel de 6% en mars 2020.

 «La hausse du rapport ventes-nouvelles inscriptions suggère que l’inflation du prix des propriétés va augmenter», a écrit Stephen Brown, économiste principal pour le Canada au sein de la firme.

Ce rapport ventes-nouvelles inscriptions mesure combien de propriétés se vendent versus combien sont mises en vente. Plus ce rapport est élevé, plus le marché est gonflé et plus on peut s’attendre à ce que les prix montent.

Cela varie d’un marché à l’autre, mais en général, un ratio qui se situe au-dessus de 60% suggère une hausse des prix à venir. Selon les données de l’Association canadienne de l’immeuble, ce ratio était de 63,7% au pays en octobre, soit bien au-dessus de la moyenne de 54%.

CIBC World Markets
Ce graphique de CIBC détaille le rapport ventes-nouvelles inscriptions pour chaque province canadienne. Avec un ratio de 70%, le marché québécois est celui qui est le plus sous pression au pays.

Stephen Brown affirme que la demande à la hausse est causée par «une combinaison de [taux hypothécaires bas] dans les banques centrales partout dans le monde et de l’anticipation d’une baisse des taux d’intérêt au Canada».

Les meilleurs taux en vigueur pour une entente de cinq ans dans les principales banques se situent entre 2,7%, aujourd’hui, et 3,5% au début de l’année prochaine, selon l’économiste, qui cite des données de RateSpy.com. Ces taux plus bas signifient que les acheteurs canadiens peuvent se permettre d’acheter des propriétés à un prix environ 10% plus élevé qu’il y a un an. 

Des politiques qui ratent leur cible

Si leur but était d’améliorer l’accessibilité à la propriété, force est de constater que les dernières politiques proposées par les partis politiques en la matière ratent leur cible. Evan Siddall, qui est à la tête de la Société canadienne d’hypothèques et de logement, fait partie de ceux qui s’opposent aux politiques visant à venir en aide aux acheteurs, comme celle promise par le gouvernement libéral, qui vise à épauler les premiers acheteurs, ou celle des conservateurs, qui proposaient d’étaler l’amortissement de l’hypothèque à 30 ans.

Dans un marché aux ressources limitées, donner aux gens plus de pouvoir d’achat ne fera que faire monter les prix en flèche, avance Evan Siddall. Ce dernier estime que si ces politiques proposées par les principaux partis politiques étaient mises en place, cela pourrait faire augmenter le prix des maisons de 16 000$ au pays, de 40 000$ à Toronto et de 80 000$ à Vancouver.

«Je ne sais pas si le débat est encore en cours, a-t-il affirmé au Financial Post récemment. Et je ne comprends pas pourquoi tant de gens sont en accord avec ces mesures, parce que c’est évident qu’en faisant grimper les prix, on ne fera qu’empirer le problème [d’accessibilité].»

Ce texte initialement publié sur le HuffPost Canada a été traduit de l’anglais.

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