Le Château ferme, merci pour tous les moments mode douteux (et les bons aussi)

Qui va habiller Guylaine Tremblay maintenant?
À gauche, une ancienne publicité Le Château/À droite, une succursale à Toronto.
À gauche, une ancienne publicité Le Château/À droite, une succursale à Toronto.

Les vêtements Le Château ont marqué plusieurs générations, les accompagnant à leur bal de finissants, et lors de leurs premières soirées en boîte, mais voilà que la pandémie oblige la chaîne québécoise à mettre la clé dans la porte. Survol nostalgique de son parcours mode.

Un facteur cool

Bien avant l’annonce de la fermeture de ses 123 boutiques restantes au pays ce vendredi, Le Château était une destination pour les gens branchés à la recherche de tenues simili-abordables et de styles toujours renouvelés. Chose certaine, depuis sa fondation en 1959, la marque nous en a fait voir de toutes les couleurs.

Connue pour ses tenues chicos dans les dernières années, elle a déjà eu une passe fluo, puis une passion évidente pour les robes à pois et le satin, et a même déjà eu un penchant gothique, grunge et punk pendant les années 90.

L’ex-critique culinaire et auteure Lesley Chesterman se rappelle sur Twitter de pantalons capris (mi-mollet) d’un vert lime éclatant, de toutes ses boucles d’oreilles en plastique et de l’entorse qu’elle s’est faite à la cheville en enfilant les «sabots» de la maison, leurs fameux talons compensés vertigineux, lorsqu’elle avait 12 ans.

D’autres se sont rappelés sur les réseaux sociaux de bons et mauvais moments vestimentaires.

«Le Château était, à un moment donné, le seul magasin du centre commercial à vendre des leggings à rayures horizontales comme ceux-ci. Ce qui était très étrange et fortuit pour moi. Le pop punk a décollé peu de temps après et ces bébés étaient partout après ça.»

«Cet ensemble au complet datant de 2001 venait du Château et je l’adorais»

«Si longtemps, Le Château. Merci d’avoir aidé à réaliser mes rêves de mode d’adolescente des années 80.»

«Cela me rend un peu triste. Je me souviens d’avoir voyagé 2 heures pour me rendre à Halifax avec un ami pour acheter ma première jupe «grunge» au Château (elle s’agençait bien avec mes bottes de combat)»

«Je sais que j’ai marché sur les podiums avec confiance lors de ma seule apparition sur la passerelle, grâce aux principales tendances de mon temps. J’étais un client fidèle.»

«Bravo au Château pour le superbe pantalon en satin argenté que j’ai eu au secondaire. Je l’adorais mais les gens de l’école les jugeaient super méchamment.»

La mecque du bal de finissants

Plusieurs personnes peuvent remercier Le Château pour leurs robes (un peu) trop scintillantes serties de fausses pierres précieuses, ou encore leur rutilante chemise turquoise agencée à une cravate blanche à motifs qu’ils portaient lors de leur bal des finissants.

Pendant longtemps, c’était LA place pour dépenser son maigre chèque de paie dans une tenue qui nous permettrait de sortir du lot lors de la soirée souvent considérée comme la plus importante du secondaire.

Toujours lustrés, brillants, satinés et ornés d’une quelconque façon de sequins, leurs habits étaient parfaits pour danser un peu trop collés-serrés avec son «crush», avant de pleurer en constatant qu’il était tombé dans le punch «épicé», puis qu’il embrassait une autre princesse satinée de l’école.

Lors de l’annonce de la fermeture, vendredi, un brin de nostalgie s’est emparé de Twitter :

«J’y ai acheté ma robe de bal pour 70 $ comme une tentative (discutable) de me rebeller contre la culture de bal de fin d’année de mon école, où tout le monde portait des robes de bal à 500 $.

(Le soleil était définitivement dans mes yeux, et tragiquement, j’ai gardé le blond platine encore quelques années.)», confie notre collègue du HuffPost Canada Maija Kappler sur Twitter (la 2e à partir de la gauche).

«Ceci est un hommage à l’ensemble que je portais à mon bal de finissants»

«J’y ai acheté ma robe de bal en 1985 et aussi des gants de dentelle sans doigts à la Madonna.»

Le youtubeur PL Cloutier regrette également la fermeture de la chaîne québécoise, puisqu’il ne pourra plus retrouver de jolies robes à paillettes comme celle-ci :

Même la feue chaîne de magasins Zellers avait son mot à dire : «ça va bien aller, Le Château. Vous pouvez sinon vivre pour toujours sur Twitter»

Adieu, Le Château!