POLITIQUE
18/11/2020 20:40 EST | Actualisé 18/11/2020 20:51 EST

Langue française: une autre libérale fédérale dans l'eau chaude

«QUB radio» rapportait mercredi matin que la directrice du PLC au Québec, Chelsea Craig, avait indiqué sur Twitter que la loi 101 était «oppressive» et qu’elle aurait «gâché» l’éducation en langue anglaise au Québec.

Facebook/Chelsea Craig
Chelsea Craig

OTTAWA — Une autre libérale fédérale se trouve dans l’eau chaude pour ses commentaires sur la langue française au Québec.

«QUB radio» rapportait mercredi matin que la directrice du Parti libéral du Canada (PLC) au Québec, Chelsea Craig, avait indiqué sur Twitter que la loi 101 était «oppressive» et qu’elle aurait «gâché» l’éducation en langue anglaise au Québec.

Ce tweet est maintenant introuvable.

Mme Craig a envoyé mercredi après-midi un nouveau tweet pour tenter d’étouffer l’affaire.

«Je veux être claire: 1) le français recule au Québec et il faut le protéger 2) la loi 101 est importante 3) c’est important de pouvoir se faire servir en français au Québec incluant à Montréal», a-t-elle écrit dans un gazouillis.

Mme Craig n’a pas voulu expliquer le sens de ses récents propos lorsqu’elle a été jointe au téléphone par La Presse Canadienne.

Un porte-parole du PLC s’est empressé de faire suivre une déclaration écrite pour vanter les réalisations de son parti pour la défense du français.

«Le Parti libéral du Canada est le parti de Laurier, de la Charte, de la Loi sur les langues officielles, et le premier à reconnaître que le gouvernement fédéral a un rôle à jouer dans la protection du français au Québec», a énuméré Matteo Rossi dans un courriel.

Les propos de Mme Craig arrivent quelques jours après que la députée libérale de Saint-Laurent, Emmanuella Lambropoulos, eut été obligée de s’excuser sur Twitter.

Mme Lambropoulos avait mis en doute l’existence du déclin du français au Québec lors d’une rencontre virtuelle du comité permanent des langues officielles la semaine dernière. Ses propos ont été dénoncés par la ministre Mélanie Joly, entre autres.

Mais les commentaires de Mme Craig ont ajouté de l’eau au moulin aux attaques de l’opposition. Pour une troisième journée d’affilée, le Bloc québécois et le Parti conservateur se sont empressés de bombarder le gouvernement Trudeau de questions sur le fait français.

«Ça n’a aucun sens», s’est indigné le conservateur Alain Rayes, lors de la période de questions, mercredi après-midi. «Est-ce que le premier ministre va condamner immédiatement ses propos irrespectueux (...), oui ou non?»

«Est-ce que le premier ministre du Canada croit que la loi 101 est “oppressive” à l’endroit des Anglais du Québec?» a lancé le chef bloquiste Yves-François Blanchet au premier ministre Justin Trudeau lors de la période des questions.

«Nous reconnaissons que pour que le Canada soit bilingue, le Québec doit être d’abord et avant tout francophone et c’est pour ça qu’on appuie la loi 101», a répliqué M. Trudeau.

Alexandre Boulerice, du Nouveau Parti démocratique, a pour sa part fait adopter une motion exigeant un plan d’action afin de mieux protéger le français au Québec et au Canada.