POLITIQUE
16/05/2019 12:44 EDT

Laïcité: le PLQ dénonce le silence de Sonia LeBel

«Où est la ministre de la Justice, première conseillère du gouvernement, notamment en matière de droits et libertés, notre charte québécoise?» - Marc Tanguay

Jacques Boissinot/PC

La ministre de la Justice, Sonia LeBel, a de nouveau été invitée, jeudi, à s’exprimer sur le projet de loi 21 sur la laïcité.

Elle refuse de le faire depuis le dépôt en mars de la pièce législative, qui vise notamment à interdire le port des signes religieux aux employés de l’État en position d’autorité et aux enseignants.

Aux journalistes qui l’ont questionnée, celle qui est également Procureure générale du Québec a fait valoir que sa position consisterait en un avis juridique et que pour cette raison, elle devait exercer son devoir de réserve.

Le porte-parole libéral en matière de justice, Marc Tanguay, trouve inacceptable ce silence. Il a profité de sa question en Chambre pour lancer avec ironie un avis de recherche. «Où est la ministre de la Justice, première conseillère du gouvernement, notamment en matière de droits et libertés, notre charte québécoise?» a-t-il demandé. 

Selon lui, Mme LeBel, en tant que gardienne des droits et libertés des Québécois, doit déconseiller au gouvernement d’appliquer la clause dérogatoire pour soustraire le projet de loi à d’éventuelles contestations judiciaires.

Le ministre de l’Immigration qui pilote le dossier de la laïcité, Simon Jolin-Barrette, plaide quant à lui qu’il n’appartient pas aux tribunaux, mais bien aux députés de gérer la relation entre l’État et les religions.

 

 

«Quand on n’a plus de droit et de liberté, M. le président, c’est une licence pour discriminer, a déclaré Marc Tanguay. La Commission des droits de la personne a souligné que le recours à la cause dérogatoire, même appliquée de manière ciblée, c’est un geste grave qui doit être justifié par des circonstances exceptionnelles.

«La ministre de la Justice peut-elle nous instruire sur les circonstances exceptionnelles qui feraient présentement rage au Québec et qui justifieraient la mise au rancart de nos droits et libertés?»