POLITIQUE
12/09/2019 11:33 EDT | Actualisé 12/09/2019 13:11 EDT

Laïcité: Legault appelle les chefs des partis fédéraux à respecter la différence québécoise

Il demande aux chefs de s'engager à ne pas contester devant les tribunaux la loi 21.

Jacques Boissinot/PC

Le premier ministre François Legault enfonce le clou sur la laïcité de l’État, invitant les chefs des partis fédéraux à respecter la différence québécoise.

Comme il avait fait la veille, jour de déclenchement du scrutin fédéral, M. Legault est revenu à la charge jeudi pour leur demander de s’engager, s’ils forment le prochain gouvernement à Ottawa, à ne pas contester devant les tribunaux la loi 21, qui affirme la laïcité de l’État québécois et vise notamment à interdire à plusieurs catégories d’employés de l’État, dont les enseignants, de porter des signes religieux.

“Il est important qu’on respecte cette décision légitime des Québécois”, a réaffirmé M. Legault, en point de presse, à Rivière-du-Loup, en marge du caucus de deux jours des députés de la Coalition avenir Québec (CAQ) précédant la rentrée parlementaire, la semaine prochaine.

On ne peut pas accepter qu’il y ait des interventions du politique dans le processus judiciaire.François Legault

Le respect de la loi 21 sur la laïcité fera partie de la liste de demandes que M. Legault formulera à l’intention de chefs de partis fédéraux, dans le cadre de la campagne électorale. La liste doit être rendue publique la semaine prochaine.

Même si M. Legault dit s’adresser à tous les chefs fédéraux, son intervention dans la campagne électorale fait écho plus précisément aux déclarations du chef libéral Justin Trudeau, qui rejette la loi 21 et la juge “discriminatoire”, en raison de la brèche qu’elle permet aux libertés fondamentales inscrites dans la Charte canadienne des droits et libertés.

Lors d’un événement à Victoria, en Colombie-Britannique, le chef libéral Justin Trudeau a une fois de plus dit que son gouvernement n’interviendrait pas dans le processus judiciaire “pour l’instant”.

Il pense qu’il serait “contre-productif” que le fédéral s’engage dans le débat d’une façon qui pourrait être perçue comme étant “cavalière”.

Mercredi, le chef conservateur Andrew Scheer a déclaré qu’il n’avait aucunement l’intention d’intervenir dans le processus judiciaire, même s’il a manifesté son désaccord sur le fond de l’affaire.

Sans nommer son rival conservateur, M. Trudeau a déclaré jeudi qu’il serait “irresponsable” de promettre une telle chose.

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