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10/12/2019 17:41 EST

L'admirateur de l'auteur de la tuerie de Polytechnique de retour en Cour jeudi

Rochefort devait subir cette enquête mardi matin, puis dans l’après-midi, mais la Couronne et la défense ont dû obtenir une nouvelle date, les parties prévoyant environ 3 heures pour la procédure.

Michał Chodyra via Getty Images

MONTRÉAL — Jean-Claude Rochefort, cet admirateur de l’auteur de la tuerie de Polytechnique, reviendra en Cour jeudi pour son enquête sur le cautionnement.

Rochefort, 70 ans, devait subir cette enquête mardi matin, puis dans l’après-midi, mais la Couronne et la défense ont dû obtenir une nouvelle date, les parties prévoyant environ trois heures pour la procédure.

Entre-temps, on a pu apprendre de son avocat, Me Marc-Olivier Carrier, que le septuagénaire, accusé d’avoir fomenté la haine envers les femmes, a été jugé apte à comprendre la nature des procédures intentées contre lui à la suite d’une évaluation psychosociale.

L’accusé «a été rencontré par les intervenants pour savoir s’il était apte à comparaître. Le résultat est positif. Monsieur est apte à comparaître», a affirmé Me Carrier.

C’est une personne qui va avoir besoin définitivement d’aide, mais pour l’instant il est dans un état stable. Il est confiant en ses chances de pouvoir ressortir.Me Marc-Olivier Carrier, avocat de Jean-Claude Rochefort

La procureure de la Couronne, Me Josiane Laplante, qui prévoit convoquer un témoin, ne l’entend pas ainsi et a fermement l’intention de s’opposer à sa remise en liberté.

Me Laplante a expliqué qu’elle «s’objecte sur le deuxième motif, c’est-à-dire le risque de récidive» et qu’elle entend aussi invoquer le maintien de la confiance du public face à l’appareil judiciaire.

La décision ultime sera toutefois entre les mains du juge Pierre Labelle à ce moment.

Rochefort, qui semblait un peu désorienté, n’a donc fait qu’une très brève apparition avant de reprendre le chemin des cellules en attendant la suite des procédures.

Le blogueur, qui a déjà un passé bien documenté en la matière, a été appréhendé jeudi soir à son domicile montréalais après une longue enquête pour le retracer. Il a été mis en accusation le lendemain, soit le jour même du 30e anniversaire de l’attentat antiféministe à l’école d’ingénierie de l’Université de Montréal.

Jean-Claude Rochefort publiait sous un pseudonyme des articles dans lesquels il faisait non seulement l’apologie du tueur de Polytechnique, mais aussi la promotion de sa sanctification et de la création d’une journée internationale à son nom et ainsi de suite.

Son blogue entretenait des idées voulant que les hommes ne peuvent cohabiter avec les femmes, que celles-ci doivent s’exiler et qu’il faut les assassiner si elles refusent. Il qualifiait le féminisme de cancer et estimait que «toute femme est une ennemie en puissance».

Jean-Claude Rochefort avait été traduit en justice pour incitation à la haine une première fois il y a dix ans, alors qu’il entretenait toujours le même discours sur le web, mais l’accusation avait été rejetée puisque la Cour ne considérait pas qu’une telle accusation pouvait s’appliquer aux femmes en général. Le Code criminel a depuis été modifié pour étendre la protection contre la propagande haineuse à toute section du public qui se différencie par son sexe, ou encore par l’identité ou l’expression de genre.

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