OPINION
18/07/2019 14:26 EDT | Actualisé 18/07/2019 17:07 EDT

La politique: et si c’était important?

L’été, c’est fait pour jouer comme le dit une chanson de Passe-Partout. Mais bien vite, le débat politique va refaire surface avec une élection fédérale à l’horizon. Qu’attendons-nous de nos politiciens fédéraux? Arriveront-ils à nous raccrocher à la politique alors qu’elle semble parfois si loin de nous?

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Le débat politique va refaire surface à l’approche des élections fédérales qui auront lieu en octobre prochain.

L’été bat son plein et chaque semaine, vous voyez de nouveaux collègues de travail qui débutent ou terminent leurs vacances.

Pendant ce temps, au grand désarroi de certains, le débat politique va tranquillement refaire surface à l’approche des élections fédérales qui auront lieu en octobre prochain.

Dans ce contexte, je suis curieux de savoir comment nos politiciens fédéraux réussiront à nous intéresser à cette campagne électorale.

Après tout, nos vies sont déjà assez complexes. Entre le travail, la famille et les amis, le temps que nous avons à consacrer à la politique est souvent limité…et parfois inexistant. Pour plusieurs, la politique est un mal nécessaire plutôt qu’un moyen de changer le monde.

On choisit la personne que l’on qualifie de «moins pire» plutôt que de «meilleure».

Mais pourquoi? 

Il y a plusieurs causes qui ont mené à ce sentiment d’indifférence. On m’a déjà dit: «tu sais, la politique c’est une passion pour toi, mais pas pour moi» ou «je n’y connais rien là-dedans et je n’ai pas le temps de m’y intéresser. De toute façon, peu importe le parti, tout est pareil et rien ne change. »

Mais quand on y pense, les enjeux politiques au niveau fédéral n’ont pas besoin de nous passionner, mais il faut être conscient qu’ils nous touchent: que ce soit le niveau de taxes et d’impôts que vous payez, les infrastructures que vous utilisez ou l’impact positif ou négatif des accords commerciaux sur votre emploi.

Il est donc faux de prétendre qu’on n’y connait rien, parce que dans les faits, nous vivons plusieurs expériences au quotidien qui sont directement ou indirectement liées aux politiques adoptées par les gouvernements.

Je crois que notre intérêt pour la chose politique dépend, notamment, de trois facteurs :

1) l’enjeu;

2) le timing;

3) les porte-paroles.

Le cas Desjardins

La situation actuelle vécue par le Mouvement Desjardins est un bel exemple qui combine ces éléments. L’enjeu est celui de la protection de nos renseignements personnels. Le timing est lié au vol de ces renseignements auprès de 2,7 millions de membres particuliers et de 173 000 membres entreprises (je suis persuadé que vous connaissez au moins une personne qui vit cette situation).

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Dans le cas de Desjardins, l’enjeu est celui de la protection de nos renseignements personnels. 

Quant aux porte-paroles, il y a bien sûr les dirigeants de Desjardins, mais également les politiciens fédéraux. Le vol des données nous sensibilise à l’enjeu, car nous réalisons que dans une ère numérique, nos renseignements personnels sont, plus que jamais, à la merci des fraudeurs. Nous voulons être rassurés sur le fait que Desjardins fait tout en son pouvoir pour mieux nous protéger, mais également, que nos dirigeants politiques prennent cette situation à bras le corps et agissent.

Nos oreilles sont ouvertes. Notre attention est captée. Nous sommes prêts à entendre leurs solutions. Mais qu’arrive-t-il pour l’instant?

Nous sentons que nos représentants politiques réfléchissent, mais ne prennent pas de décisions avec un échéancier clair et des mesures concrètes pour nous faciliter la vie.

Les politiciens semblent à la remorque de Desjardins. C’est la perception que nous avons, mais peut-être qu’elle est inexacte. C’est pourquoi il est important qu’ils réagissent pour éviter que nous percevions cette inaction comme un manque d’intérêt de leur part. 

Pour nous rebrancher à la politique, les politiciens doivent enchainer une série de bons coups qui nous démontre qu’ils sont à l’écoute, mais surtout qu’ils règlent nos problèmes.

Quand nous sommes attentifs, c’est à ce moment qu’ils doivent nous démontrer toute leur compétence, leur leadership et leur capacité à nous rassurer.

Pour maintenir notre attention une fois la crise terminée, il faut d’abord qu’ils comprennent que la partisanerie fait réduire plutôt qu’augmenter l’intérêt que nous portons à leurs paroles. S’accuser mutuellement des pires atrocités ne fait pas avancer le débat public ou l’appréciation que nous avons envers eux. Ces remarques sont prévisibles et la plupart de temps, nous décrochons lorsqu’elles sont prononcées.

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Ce que l’on veut, c’est sentir la sincérité, l'engagement et l'authenticité des politiciens.

Ensuite, les politiciens doivent nous transmettre leur passion. Ce que l’on veut, c’est sentir leur sincérité, leur engagement et leur authenticité. Une communication claire qui va droit au but…et si on est chanceux…droit au cœur. 

Finalement, avant de nous exposer leurs idées, ils doivent d’abord comprendre notre état d’esprit. C’est seulement à ce moment qu’ils sauront utiliser les bons mots au bon moment et de la bonne façon. Bref, c’est le ton qui fait la chanson.

Comme citoyen, nous avons aussi le devoir de nous informer et de nous faire confiance.

Au-delà des articles, construisez votre opinion en la basant sur des faits. Faites-vous confiance, car votre jugement est aussi valable que celui des chroniqueurs que vous lisez.

Au cours des prochains mois, je partagerai avec vous mes idées et ma vision sur certains sujets. Je le ferai dans le but que nous puissions, ensemble, voir la politique autrement et que l’on s’y intéresse véritablement. Qui sait, peut-être qu’un jour nous réussirons à faire en sorte que l’on vote pour la «meilleure» personne plutôt que la «moins pire» !