POLITIQUE
15/08/2019 13:50 EDT

Affaire SNC-Lavalin: Justin Trudeau ne change pas de position

Il répétera sans doute la même chose au cours de la campagne électorale...

La Presse canadienne/Stephen MacGillivray
De passage à Fredericton, Justin Trudeau a répété le même message que mercredi.

FREDERICTON — Le premier ministre Justin Trudeau a réitéré jeudi ce qu’il répétera sans doute au cours de la campagne électorale à propos de l’affaire SNC-Lavalin: il n’a pas l’intention de présenter des excuses, car il a agi pour protéger des emplois et des familles canadiennes.

Au cours d’un événement à Fredericton, jeudi matin, M. Trudeau a de nouveau affirmé qu’il acceptait le rapport accablant du commissaire fédéral à l’éthique, Mario Dion, et assumait l’entière responsabilité de ce qui s’était passé.

«Je ne vais pas m’excuser d’avoir été là pour défendre les emplois des Canadiens, c’est ma job en tant que premier ministre de défendre les emplois, les communautés, les familles canadiennes, a-t-il dit en français. Je ne suis pas d’accord avec les conclusions du commissaire à l’éthique, mais j’accepte et je respecte son travail, j’accepte son rapport et je prends l’entière responsabilité.»

Il a également déclaré que le gouvernement avait l’intention de mettre en œuvre les recommandations d’un rapport distinct, préparé par l’ancienne ministre libérale Anne McLellan, qui s’est penchée sur la pertinence de séparer les rôles de procureur général et de ministre de la Justice.

Le premier ministre a dit vouloir s’assurer que ce gouvernement ou d’autres gouvernements ne se retrouvent pas dans la même situation à l’avenir.

Le rapport d’Anne McLellan recommande de ne pas séparer les fonctions de procureur général et de ministre de la Justice, mais suggère plutôt une série de mesures pour «renforcer l’indépendance» du procureur général. Il propose notamment de mieux renseigner les parlementaires, les ministres et les membres du personnel sur la façon de consulter le procureur général.

Des pressions grandissantes

Justin Trudeau fait face à des pressions grandissantes pour présenter des excuses aux ex-ministres Jody Wilson-Raybould et Jane Philpott, mais il a clairement indiqué qu’il n’avait pas l’intention de le faire.

Dans son rapport publié mercredi, le commissaire aux conflits d’intérêts et à l’éthique conclut que M. Trudeau s’est servi de sa position d’autorité pour tenter d’influencer Mme Wilson-Raybould afin que la firme québécoise de génie SNC-Lavalin obtienne un accord de réparation et évite ainsi un procès criminel pour fraude et corruption.

Je crois que les Canadiens méritent des excuses.Jane Philpott

Le commissaire Dion a déterminé que M. Trudeau avait usé de «manoeuvres troublantes» pour contrevenir à la Loi sur les conflits d’intérêts et ainsi remettre en question la décision de son ex-ministre.

Dans une entrevue accordée jeudi à La Presse canadienne, Jane Philpott, qui a quitté le cabinet en solidarité avec Jody Wilson-Raybould plus tôt cette année, a estimé que le premier ministre devait présenter des excuses non pas pour la façon dont il a traité les deux femmes, mais pour avoir violé la Loi sur les conflits d’intérêts.

«Je crois que les Canadiens méritent des excuses», a déclaré Mme Philpott.

À voir: Trudeau accepte le rapport, mais ne s’excuse pas