POLITIQUE
19/09/2019 09:59 EDT | Actualisé 19/09/2019 13:38 EDT

D'autres images embarrassantes pour Justin Trudeau surgissent

Sur une courte vidéo et une photo, on peut voir le chef libéral avec le visage maquillé en noir.

OTTAWA — D’autres images embarrassantes pour Justin Trudeau ont surgi jeudi matin.

Le réseau de télévision Global a diffusé une courte vidéo qui semble dater de l’adolescence du chef libéral. On l’y voit le visage et les bras maquillés de noir.

“Nous pouvons confirmer que c’est bien lui, au début des années 1990”, a déclaré une porte-parole du chef libéral en campagne électorale.

Sur la vidéo qui n’offre que des images, pas de son, on voit le jeune Trudeau qui lève les bras et ouvre la bouche.

Mercredi en fin de journée, le magazine américain “Time” a dévoilé une photo qui, selon le média, a été publiée dans l’album de la West Point Grey Academy, une école privée de Vancouver, où Justin Trudeau a travaillé comme enseignant avant de se lancer en politique.

On y voit M. Trudeau le visage couvert de maquillage qualifié de “brownface” par “Time”.

À bord de son avion mercredi soir, le chef libéral s’est excusé pour cet épisode où, en 2001, il s’était déguisé pour une soirée costumée au thème des “Mille et une nuits”.

“J’aurais dû savoir, même à cet âge-là, que je n’aurais pas d faire ça, mais je l’ai fait et je m’en excuse profondément”, a dit M. Trudeau. Au moment de la photo, il avait 29 ans.

Il a profité de l’occasion pour admettre que lorsqu’il était étudiant au Collège Brébeuf, il s’était peint le visage en noir lors d’un spectacle, le temps de chanter un succès de Harry Bellafonte.

Une photo de cet épisode n’a pas tardé à également faire surface dans les médias.

À l’origine, le “blackface” était une façon de dénigrer les Noirs américains sur scène. Ces dernières années, tout déguisement semblable est devenu associé à du racisme.

Pluie de réactions

Dès mercredi soir, les adversaires politiques de M. Trudeau ont vertement critiqué son jugement.

Jeudi matin, ils n’avaient pas fini d’en parler.

“Est-ce que le vrai M. Trudeau c’est le M. Trudeau qui est en public qui dit “je suis pour la diversité” (...) ou le M. Trudeau derrière les portes fermées (...) qui se moque des gens à cause de la couleur de peau”, a demandé le chef néo-démocrate Jagmeet Singh, lors d’un point de presse à Hamilton.

“La chose qui me dérange le plus c’est que Justin Trudeau a menti hier soir. Quand (on lui a) demandé s’il y a d’autres incidents, il a dit qu’il y a seulement un autre”, a accusé le chef conservateur Andrew Scheer, de passage à Saint-Hyacinthe.

M. Scheer reproche ainsi à M. Trudeau de ne pas avoir révélé l’existence du troisième épisode de maquillage, celui de la vidéo diffusée par le réseau Global. Et il a révélé que c’est son parti qui a trouvé la vidéo et l’a donnée au réseau de télévision “pour vérification”.

Réactions à Québec

Le premier ministre du Québec, François Legault, ne veut pas faire tout un plat avec la controverse du “blackface” de Justin Trudeau et trouve suffisant qu’il se soit excusé.

Interrogé à ce sujet après qu’il eut donné une conférence de presse à Montréal dans le domaine de l’aéronautique, le premier ministre du Québec a affirmé qu’il s’agissait là certes d’une “mauvaise décision” de la part du premier ministre du Canada. Il a toutefois rappelé qu’il s’était excusé à ce sujet, admettant ainsi son erreur.

Du même souffle, M. Legault a dit comprendre que des gens aient été offusqués par ces photos du premier ministre du Canada. Il était alors déguisé et maquillé en sultan, avec le visage et les mains colorées.

À Québec, d’autres politiciens de l’Assemblée nationale ont aussi offert leurs réactions à ces images.

“J’ai été déçu qu’un élu qui veut être premier ministre ait eu ce comportement-là. Mais disons qu’il s’est excusé par la suite, on peut passer à autre chose”, a dit Lionel Carmant, ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux.

Le chef par intérim du Parti québécois Pascal Bérubé était aussi prêt à changer de sujet, mais pas avant de reprocher au chef libéral son “manque de jugement”. Il ne le croit toutefois pas raciste. “Sa vie témoigne de la lutte contre le racisme. On peut être des adversaires politiques et reconnaître qu’il n’y a aucune raison de croire qu’il l’est”, a fait remarquer M. Bérubé.

Le député libéral Frantz Benjamin partage une partie du comté du député de Papineau et, pour lui, le dossier est clos.

″Ça fait 20 ans et il s’est excusé (...) On devrait peut-être passer à autre chose parce que je le crois sincère”, a-t-il dit, faisant référence à la photo parue dans le magazine “Time”.

Réparer les pots cassés

Justin Trudeau était attendu à Winnipeg pour une première activité publique en début d’après-midi jeudi.

Son entourage a fait savoir qu’il avait passé la matinée à appeler des “candidats, du personnel et des leaders communautaires”.

Prêts à pardonner

Le groupe Canadiens unis contre la haine a diffusé un communiqué jeudi matin pour se désoler de cet épisode, estimant qu’il souligne

à quel point le racisme a été présent même dans la vie de gens devenus “champions de la diversité et de l’inclusion”.

Le groupe estime que M. Trudeau est aujourd’hui “un homme différent de celui qui est dans la photo” déterrée par le magazine américain.

Le Conseil national des musulmans canadiens a pour sa part remercié M. Trudeau pour les excuses offertes moins d’une heure après que le groupe les a réclamées.

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