POLITIQUE
01/10/2020 15:49 EDT | Actualisé 01/10/2020 15:51 EDT

La Banque de l'infrastructure veut créer 60 000 emplois avec un investissement de 10 milliards $

Cet investissement devrait aussi contribuer à favoriser la production renouvelable et à l'entreposage d'énergie propre.

Sean Kilpatrick/La Presse canadienne
Catherine McKenna, Justin Trudeau et Michael Sabia ont détaillé l'investissement de 10 milliards $, jeudi matin.

OTTAWA — Le premier ministre Justin Trudeau a expliqué jeudi comment la Banque de l’infrastructure (BIC) entend investir 10 milliards $ afin de créer 60 000 emplois et de contribuer à la lutte contre les changements climatiques.

«Ce plan de croissance étalé sur trois ans permettra d’investir dans plusieurs secteurs incluant l’énergie propre, les autobus zéro émission, la rénovation écoénergétique, l’internet haute vitesse et l’infrastructure d’irrigation pour les agriculteurs», a-t-il offert lors d’une conférence de presse, jeudi matin.

Le plan en question n’inclut pas de projets spécifiques - ni d’argent neuf - mais cible ces secteurs bien précis où la BIC a l’intention d’investir dans les prochains mois.

Ainsi, 2,5 milliards $ seront consacrés pour favoriser la production renouvelable et l’entreposage d’énergie propre et 2 milliards $ iront à la modernisation à grande échelle d’immeubles afin d’augmenter leur efficacité énergétique entre autres.

Un autre 1,5 milliard $ sera injecté afin d’accélérer l’adoption d’autobus électriques et «d’infrastructures de recharge pour permettre aux Canadiens de se déplacer de manière plus écologique», selon un communiqué de presse du bureau de M. Trudeau.

La BIC prévoit aussi 500 millions $ pour accélérer le développement de projets et entamer les premiers travaux de construction.

«Grâce à des investissements judicieux comme ceux-ci, nous pouvons remettre les gens au travail, faire croître l’économie et bâtir un avenir sain et durable pour tous», a fait valoir M. Trudeau.

M. Trudeau a fait cette annonce aux côtés du nouveau président du conseil d’administration de la banque, Michael Sabia, et de la ministre de l’Infrastructure Catherine McKenna.

Elle s’inscrit dans la promesse du gouvernement contenue dans le discours du Trône de la semaine dernière de créer un million d’emplois et d’aider à relancer une économie ravagée par la pandémie.

M. Sabia dit qu’il a l’intention de mettre à profit son expérience comme président et chef de la direction de la Caisse de dépôt et placement du Québec pour y arriver.

«Investir dans les infrastructures renforce notre capacité collective de créer les emplois. Investir de cette façon permet de générer la richesse sociale dont nous avons besoin pour offrir une meilleure vie aux Canadiens», a-t-il déclaré.

«C’est ce qu’ont fait les chemins de fer et les autoroutes dans le passé, et c’est ce que nous faisons avec ce plan», a poursuivi M. Sabia.

Le gouvernement Trudeau a lancé la Banque de l’infrastructure du Canada en 2017 avec le pouvoir de dépenser 35 milliards de dollars sur 10 ans.

L’idée était que la banque mobilise des fonds auprès de partenaires du secteur privé, en particulier de grands investisseurs institutionnels comme les fonds de pension, pour payer ce que le gouvernement a appelé des projets d’infrastructure «transformationnels».

La BIC a cependant été critiquée tant par les conservateurs que les néo-démocrates pour les investissements relativement peu nombreux qu’elle a réalisés jusqu’à présent.

«Le bilan de Justin Trudeau en matière d’infrastructure est lamentable. Depuis cinq ans, les libéraux échouent à allouer des fonds et à réaliser des projets de construction. (...) Ce que nous voyons aujourd’hui n’est qu’une autre annonce répétée des libéraux», a critiqué le chef conservateur, Erin O’Toole, dans une déclaration écrite.

«Quand est-ce que le gouvernement libéral va vraiment investir dans l’infrastructure au lieu de seulement faire de belles annonces?» a renchéri le chef néo-démocrate Jagmeet Singh lors de la période de questions à la Chambre des Communes.

À cela, M. Sabia répond que les investissements annoncés jeudi verront bel et bien le jour.

«C’est un plan extrêmement concret, spécifique. (...) Ce plan n’est pas bâti sur l’espoir, c’est construit sur des analyses, des projets spécifiques, des projets réels et c’est la raison pour laquelle nous avons beaucoup de confiance dans notre capacité d’exécuter et de mettre en oeuvre ce plan», a-t-il expliqué.

Du côté du Bloc québécois, on soutient que les fonds devraient être versés sans intermédiaire.

«Les gouvernements du Québec et des provinces ont besoin de 100 milliards de dollars d’investissements en infrastructures, versés directement et sans condition par Ottawa», a déclaré le député bloquiste Xavier Barsalou-Duval.

Le plan d’infrastructures a été bien accueilli par les municipalités et les groupes écologiques.

«Nous sommes particulièrement encouragés par le soutien important annoncé pour l’infrastructure à large bande en milieu rural, un élément essentiel de tout plan visant à renforcer le Canada rural», s’est réjoui Bill Karsten, président de la Fédération canadienne des municipalités.

«Créer des emplois verts tout en construisant un monde meilleur, c’est investir dans notre avenir. Mais pour ce faire, il faut absolument que cette annonce soit la première d’une longue série», a mis en garde Patrick Bonin, porte-parole de Greenpeace Canada.

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