POLITIQUE
23/03/2020 12:30 EDT | Actualisé 23/03/2020 13:34 EDT

COVID-19: «Rentrez à la maison et restez-y», lance Justin Trudeau

Justin Trudeau a durci le ton face à ceux qui ne respectent pas les consignes de distanciation sociale.

Justin Tang/La Presse canadienne
Justin Trudeau (Justin Tang/La Presse canadienne)

Justin Trudeau a de nouveau fait un plaidoyer pour que les Canadiens respectent les consignes de distanciation sociale, lundi.

Le premier ministre du Canada a ajouté qu’il n’hésitera pas à mettre en place des mesures coercitives si les Canadiens ne respectent pas les mesures mises en place pour éviter les rassemblements.

«Nous avons tous vu les photos en ligne de gens qui se croient invincibles», a-t-il déploré alors qu’on constate encore des attroupements dans des parcs et des plages de Colombie-Britannique.

«Eh bien, vous ne l’êtes pas. Assez, c’est assez. Rentrez à la maison et restez-y. C’est ce que nous devons tous faire», a-t-il affirmé lors de sa conférence de presse quotidienne.

Encore une fois, il a assuré qu’aucune mesure supplémentaire n’est exclue si les citoyens ne respectent pas les conseils de distanciation sociale. Il a rappelé que la loi fédérale sur les mesures d’urgence sert à ce qu’Ottawa prenne en main certains pouvoirs provinciaux. Il n’en voit pas la nécessité, tant que les autorités provinciales ont les choses en main.

EN VIDÉO: la conférence de presse de Trudeau

Un appel entre premiers ministres

Les premiers ministres du pays discuteront lundi soir de la possibilité de fermer les frontières entre provinces.

“Je parlerai avec les premiers ministres des provinces ce soir des mesures que nous pouvons prendre en tant que pays”, a déclaré Justin Trudeau lorsque cette éventualité lui a été soumise, à sa sortie publique quotidienne.

“Nous devons continuer d’être coordonnés, pas juste dans nos approches, mais (aussi) dans nos communications”, a également dit le premier ministre, au micro installé devant sa résidence où il poursuit son isolement volontaire.

M. Trudeau a rappelé qu’il existe une Loi fédérale sur la mise en quarantaine qu’Ottawa peut déjà utiliser. Cette loi permet au gouvernement fédéral d’imposer des amendes et même des peines criminelles. Cependant, elle ne s’applique qu’à ceux qui entrent au pays et non pas à ceux qui se déplacent à l’intérieur des frontières canadiennes.

“Même pendant que nous faisons tout ça, avec tous les leviers des gouvernements et des règlements et des pouvoirs, fondamentalement, cela revient aux citoyens de faire des choix plus intelligents”, a-t-il expliqué, refusant de dire quelles mesures coercitives particulières son gouvernement pourrait prendre s’il s’armait de la Loi sur les mesures d’urgence.

Une campagne publicitaire nationale démarre lundi alors que le nombre de cas confirmés au pays approche des 1500, celui au Québec ayant fait un bond jusqu’à 628 cas.

Ottawa a développé une campagne multimédia de 50 millions $. Québec, pour sa part, a déjà une campagne publicitaire qui roule pour insister sur la nécessité de la distanciation sociale. La campagne fédérale portera, évidemment, le même message.

Le dernier bilan disponible de cas confirmés de la maladie à COVID-19 en Ontario est de 425, 424 en Colombie-Britannique, 259 en Alberta, 219 au Québec, 33 en Saskatchewan, 28 en Nouvelle-Écosse, 11 au Manitoba, huit au Nouveau-Brunswick. Terre-Neuve-et-Labrador et l’Île-du-Prince-Édouard ont confirmé chacun trois cas.

On a compté également deux cas au Yukon et un dans les Territoires du Nord-Ouest. Les TNO, inquiets de l’accessibilité à des ressources en soins de santé, ont d’ailleurs fermé leurs frontières depuis samedi à tous les voyageurs, y compris les Canadiens. Le seul cas qui y a été diagnostiqué, une personne qui est maintenant guérie, rentrait d’un séjour en Alberta et en Colombie-Britannique.

Et puis, sur la base militaire de Trenton où sont mis en quarantaine depuis le 10 mars les 228 voyageurs du Grand Princess, on en est toujours à 13 cas confirmés. Ces personnes malades et celles qui ont été en contact direct avec elles ne pourront donc pas sortir de leur quarantaine mardi. Ils seront encore 21 à êtres isolés sur la base militaire tandis que les 207 autres pourront rentrer chez eux.

Au total, au pays, il y a eu 21 décès et 15 guérisons de cas diagnostiqués ont été signalées.

Avec La Presse canadienne.