Vivre

L'ère de la justification

À l'ère du numérique, où plusieurs sont de plus en plus centrés sur eux-mêmes, je crois que dans le fond, on ne s'est jamais autant intéressé au voisin.
Avec l'apparition des réseaux sociaux, le besoin de se justifier est de plus en plus présent. J'ai embarqué là-dedans un bout, jusqu'à ce que je me dise que mes choix ne regardent que moi.
Avec l'apparition des réseaux sociaux, le besoin de se justifier est de plus en plus présent. J'ai embarqué là-dedans un bout, jusqu'à ce que je me dise que mes choix ne regardent que moi.

On dirait qu'en 2019, tout est matière à coming out. J'ai l'impression désagréable qu'il faut toujours se justifier sur tout et sur rien, même si on ne connait pas la personne en face de nous.

Pourquoi ne vas-tu pas à l'école?

Es-tu gai?

Pourquoi tu t'habilles comme ça?

Es-tu certain que tu ne veux pas d'enfant?

Tu vas changer d'idée.

À l'ère du numérique, où plusieurs sont de plus en plus centrés sur eux-mêmes, je crois que dans le fond, on ne s'est jamais autant intéressé au voisin. On est loin de l'époque des radoteuses de fond de rang. Aujourd'hui, la réputation de quelqu'un est plus facile à démolir. Parce que dans les faits, à l'époque, tu changeais de village et ça pouvait aller, jusqu'à un certain point.

Maintenant, en quelques minutes, la population humaine au grand complet peut être au fait d'une rumeur, d'une photographie postée par un(e) ex jaloux(se) ou quoi que ce soit d'autre de dommageable pour l'estime personnelle et pour la réputation.

Beaucoup n'exercent pas leur jugement sur les réseaux sociaux et on se ramasse à s'insulter sur des publications, comme des gamins de cinq ans, pourtant sur des sujets souvent futiles, dans le fond.

J'écris ça parce qu'un garçon a commenté une de mes photographies Instagram cette semaine en insinuant que j'étais homosexuel à cause des vêtements que je portais. Eh oui, encore en 2019, beaucoup de gens n'ont rien d'autre à faire que d'écœurer le monde sur Internet.

Par exemple, l'ex-footballeur Étienne Boulay porte une barbe depuis quelques semaines. En jetant seulement un petit coup d'œil aux commentaires sur ses photos Instagram, on voit que les gens ne réfléchissent pas avant de commenter, comme si l'auteur du compte ne lisait pas les messages et n'avait pas de cœur.

Il y a un être humain qui lit ce que vous publiez. Souvent, on l'oublie.

Avec l'apparition des réseaux sociaux, le besoin de se justifier est de plus en plus présent. J'ai embarqué là-dedans un bout, jusqu'à ce que je me dise que mes choix ne regardent que moi.

C'est plutôt angoissant de toujours essayer de faire ce que les autres attendent de toi et je n'aime pas trop être stressé j'ai donc juste arrêté de répondre aux gens qui insinuait des choses sur ma petite personne.

Quand je suis arrivé en Alberta, beaucoup de gens m'ont demandé si j'étais gai. J'ai esquivé la question la plupart du temps, pas pour laisser planer un doute, c'est juste que je me questionne à savoir si ces choses-là se demandent encore en 2019 au Québec. Dans le fond, quand on a sorti le clergé des chambres à coucher, ce n'est pas pour faire entrer des gens «pseudo-open» qui te disent «J'ai rien contre ça, mais...»

On ne devrait pas ressentir de pression face aux jugements des autres. C'est pas la vie de tes parents, de tes amis ou de tes grands-parents que tu vis, mais la tienne. Malgré le fait que dans le fond, ils t'aiment, seul toi devrais avoir le choix d'être qui tu veux dans ta vie.

Ceux qui t'aiment vraiment vont rester, pour ce qui est des autres, le temps fera son oeuvre.

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