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13/05/2019 08:49 EDT

La Suède rouvre le dossier de viol contre Julian Assange

La Suède demandera son extradition lorsqu’il aura purgé sa peine de 50 semaines de prison en Grande-Bretagne.

STOCKHOLM — Les procureurs suédois ont annoncé lundi qu’ils relançaient le dossier de viol contre le fondateur de WikiLeaks, Julian Assange, et qu’ils demanderaient son extradition lorsqu’il aura purgé sa peine de 50 semaines de prison en Grande-Bretagne, pour avoir enfreint ses conditions de libération.

Eva-Marie Persson, directrice adjointe des poursuites pénales pour la Suède, a déclaré lors d’une conférence de presse à Stockholm qu’«il existe toujours une cause probable de soupçonner M. Assange d’avoir commis un viol».

Les procureurs suédois ont porté des accusations préliminaires — une étape avant les accusations formelles — contre Julian Assange après sa visite dans le pays en 2010, à la suite de plaintes de deux Suédoises qui ont affirmé avoir été victimes de crimes sexuels commis par le fondateur de WikiLeaks.

L’Australien a quitté la Suède pour la Grande-Bretagne en septembre 2010 et s’est réfugié à l’ambassade équatorienne en juin 2012 pour éviter l’extradition.

Après avoir passé près de sept ans à l’ambassade, il a été arrêté par la police britannique le 11 avril, lorsque l’Équateur a révoqué son asile politique, l’accusant de plusieurs choses allant de l’ingérence dans les affaires étrangères du pays à des mauvaises conditions d’hygiène.

Il se trouve actuellement à la prison de Belmarsh, à Londres, où il purge une peine de 50 semaines pour avoir enfreint les conditions de sa remise en liberté en 2012. Il est également sous le coup d’un mandat d’extradition américain pour avoir prétendument piraté un ordinateur du Pentagone.

Alors qu’une affaire d’inconduite sexuelle alléguée a été abandonnée en Suède en 2017, à l’expiration du délai de prescription, une allégation de viol demeure. Les autorités suédoises avaient dû la suspendre, car Julian Assange vivait à l’ambassade à l’époque et il n’y avait aucune possibilité de le faire venir en Suède.

Le délai de prescription applicable à cette affaire expire en août de l’année prochaine. Julian Assange a nié les actes répréhensibles, affirmant que les allégations étaient motivées par des considérations politiques et que le sexe était consensuel.

Per E. Samuelsen, l’avocat suédois de Julian Assange, a déclaré lundi à l’Associated Press que la décision de rouvrir l’affaire était «scandaleuse».

«Il est en prison au Royaume-Uni, il court le risque d’être extradé vers les États-Unis et, en plus, d’exiger qu’il consacre toute son énergie à se pencher sur une histoire suédoise vieille de dix ans, c’est trop», a-t-il dit.

Mme Persson a annoncé qu’un mandat d’arrêt européen serait lancé contre Julian Assange. Un tribunal suédois émettra officiellement la demande d’extradition, et Julian Assange pourra faire appel.