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25/01/2021 15:54 EST | Actualisé 25/01/2021 16:30 EST

Rassemblements religieux: la santé publique de Montréal fait volte-face

La communauté de juifs orthodoxes affirme qu’elle est victime de la confusion des autorités.

Graham Hughes/La Presse canadienne
Des policiers sont intervenus dans une synagogue à Montréal durant le week-end.

La Santé publique de Montréal fait de nouveau volte-face concernant les rassemblements de juifs hassidiques et présente ses excuses.

Critiquée par les partis d’opposition et lourdement sanctionnée par la police, la communauté de juifs orthodoxes réplique qu’elle est victime de la confusion des autorités qui ont fixé des directives qui ont changé toutes les 24 heures.

Après avoir autorisé les rassemblements de 10 personnes par salle dans des immeubles comportant une entrée et une sortie différentes, la Direction de la santé publique dit que le décret du gouvernement du Québec ne les permet pas.

La directrice de la santé publique, Mylène Drouin, a indiqué dans un courriel que le décret ne permet pas plusieurs rassemblements simultanés de 10 personnes maximum à la même adresse.

“Nous nous excusons sincèrement pour ces allers et retours au cours des dernières 48 heures”, a écrit la Dre Drouin.

“C’est irresponsable la part de la santé publique, on change les règles toutes les 24 heures, ça n’a pas de sens”, a déploré Alain Picard, le porte-parole du Conseil des juifs hassidiques, en entrevue avec La Presse Canadienne lundi.

Conformément à l’arrêté émis vendredi par le ministre de la Santé Christian Dubé concernant les lieux de culte, les hassidiques ont donc conclu qu’ils pouvaient se réunir à raison de 10 fidèles maximum pour le sabbat.

Certains attroupements ont dépassé les 10 personnes et le Conseil des juifs hassidiques les a condamnés, a rappelé M. Picard, mais ceux qui réunissaient 10 personnes par salle dans un même immeuble ont aussi été dissouts et sanctionnés.

Samedi soir la Santé publique diffuse un communiqué autorisant seulement une salle de 10 personnes maximum par immeuble, relate M. Picard, donc “on comprend un peu mieux l’intervention de la police”.

Or le Dr Kaiser, de la Direction de la santé publique, a ensuite indiqué dimanche par communiqué que 10 personnes par salle dans le même bâtiment avec une entrée et une sortie différentes était autorisé, a rappelé M. Picard. Le dernier courriel de la Dre Drouin vient démentir les instructions transmises dimanche par les autorités.

“Qu’en 48 heures, on change trois fois le pas, n’importe qui perdrait le pas. On demande aux citoyens, on dit qu’on veut se conformer et on change les règles à toues les 24 heures.”

M. Picard a dit que la communauté allait étudier la situation. “On est en train de s’arracher les cheveux”, a-t-il résumé. 

Rappelons que durant toute la fin de semaine, les policiers ont dispersé les rassemblements et donné des contraventions. Plus de 200 constats d’infraction ont été émis.

“Les gens étaient là de bonne foi, a plaidé M. Picard. Selon nous, les contraventions qui ont été émises vont tomber. On ne peut prouver à un juge que des gens ont contrevenu à un règlement pour lequel la santé publique elle-même admet qu’elle a fait erreur.”

Autant le Parti libéral (PLQ) que le Parti québécois (PQ) ont condamné les rassemblements de membres de la communauté juive hassidique lundi matin.

En conférence de presse virtuelle lundi matin, la cheffe libérale Dominique Anglade a dit comprendre que certaines communautés vivent les restrictions actuelles “plus difficilement”, mais elle a ajouté que “les règles sont les mêmes pour tout le monde”.

“Je ne veux pas cibler un groupe ou un autre, mais un party dans un hôtel, des rassemblements comme on a vu durant les fêtes, ou un groupe religieux qui décide de se rassembler en contravention des mesures sanitaires, c’est un fait que ça vient contrecarrer les efforts de la quasi-totalité de la population”, a dit le chef péquiste Paul St-Pierre Plamondon.