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09/10/2020 12:37 EDT | Actualisé 09/10/2020 12:43 EDT

Joyce Echaquan: l'Ordre des infirmières souhaite rencontrer les Atikamekw de Manawan

«Il n'y a pas une journée depuis que ce drame a eu lieu où je ne pense à cette femme qui est décédée seule, sans respect, sans compassion, sans sollicitude et sans humanité», assure le président de l'Ordre.

MONTRÉAL — Le président de l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec, Luc Mathieu, a demandé à rencontrer le Conseil des Atikamekw de Manawan, d’où était originaire Joyce Echaquan, morte le 28 septembre dernier.

La mère de famille atikamekw est morte à l’Hôpital de Joliette, dans la région de Lanaudière.

Peu avant sa mort, elle a subi des insultes dégradantes d’une infirmière et d’une préposée aux bénéficiaires, alors qu’elle se trouvait sur son lit d’hôpital. Mme Echaquan a filmé la scène et la vidéo des insultes a largement circulé, semant l’indignation dans la population.

M. Mathieu demande à toutes les infirmières qui sont témoin de pareilles situations de les faire cesser.

«Notre devoir est de protéger nos patients», a-t-il déclaré dans une vidéo mise en ligne sur le site de l’Ordre.


Le bureau du syndic de l’Ordre des infirmières fait enquête sur ce qui s’est passé ce jour-là à l’Hôpital de Joliette. «Cela nous permettra de déposer une plainte devant le Conseil de discipline, qui déterminera la sanction appropriée», dit le président de l’Ordre.

«Il n’y a pas une journée depuis que ce drame a eu lieu où je ne pense à cette femme qui est décédée seule, sans respect, sans compassion, sans sollicitude et sans humanité, l’une des valeurs-phares de la profession.»

L’Infirmière et la préposée ont été congédiées.

Le président de l’Ordre affirme être «à l’oeuvre sur plusieurs fronts pour ériger les remparts nécessaires pour qu’une telle situation ne se reproduise plus jamais».

 

D’abord, il dit avoir demandé à rencontrer le Conseil des Atikamekw de Manawan.

Il entend aussi faire adopter une prise de position sur les soins infirmiers et les relations ethnoculturelles.

L’enjeu de la formation des futures infirmières se verra par ailleurs accorder une attention toute particulière, soutient M. Mathieu. L’enseignement actuel sera examiné, et s’il est jugé insuffisant, il sera modifié afin de rendre les infirmières aptes à entrer en relation et à soigner les membres des communautés autochtones.

D’ailleurs, le chef des Atikamekw de Manawan, Paul-Émile Ottawa, a demandé cette semaine au premier ministre François Legault de rendre obligatoire pour les professionnels de soins un enseignement de la culture autochtone et d’imposer des stages au sein même des communautés pour les futurs médecins et infirmières.