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21/06/2020 15:28 EDT

Journée nationale des peuples autochtones: l'APNQL interpelle les Québécois

L’Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador lance à la population québécoise une invitation à réfléchir sur les relations avec les peuples autochtones et déploie une nouvelle campagne pour réclamer justice.

THE CANADIAN PRESS/Jacques Boissinot
 L’Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador lance à la population québécoise une invitation à réfléchir sur les relations avec les peuples autochtones et déploie une nouvelle campagne pour réclamer justice et «rien de moins».

La Journée nationale des peuples autochtones revêt une signification particulière cette année, sur fond de dénonciations du racisme systémique après une série d’interventions policières troublantes.

L’Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador lance à la population québécoise une invitation à réfléchir sur les relations avec les peuples autochtones et déploie une nouvelle campagne pour réclamer justice et «rien de moins».

Dans une lettre adressée à l’ensemble des Québécois, samedi, le chef de l’APNQL, Ghislain Picard, avait insisté sur le fait qu’«il ne s’agit pas ici de se pointer du doigt, mais plutôt de se demander comment, concrètement, nous pouvons améliorer notre façon de vivre ensemble, dans le respect mutuel».

«Il y a des politiciens qui n’osent pas nommer les choses, appeler un chat un chat, un castor un castor, et qui font passer leur intérêt politique avant l’amélioration du vivre ensemble», a-t-il enchaîné, dans une allusion apparente au refus du premier ministre François Legault de reconnaître l’existence de racisme systémique au Québec.

Participant à titre de panelliste à un webinaire sur la crise de la COVID-19 du point de vue autochtone, dimanche avant-midi, le chef Ghislain Picard a dit bien connaître la chanson du groupe d’action contre le racisme formé par François Legault plus tôt cette semaine, exclusivement à partir d’élus caquistes.

«Des démarches comme ça, qui sont en quelque sorte unilatérales, par un gouvernement qui pense avoir toutes les solutions, je suis obligé d’être extrêment sceptique par rapport aux résultats», a-t-il lancé en visioconférence.

Selon lui, tout a déjà été dit, ne serait-ce que dans les conclusions de la commission Viens sur les services gouvernementaux dispensés aux communautés autochtones. Sans compter les dizaines d’autres études et rapports réalisésaà la demande de différents organismes et gouvernements dans les dernières décennies.

Plus récemment, les morts de Rodney Levi et de Chantel Moore aux mains de policiers en l’espace de quelques jours au Nouveau-Brunswick, en plus des images des arrestations violentes du chef chipewyan Allan Adam en Alberta et d’un jeune homme inuit au Nunavut, ont nourri l’indignation à travers le Canada, sous l’impulsion du soulèvement contre le racisme et la brutalité des forces de l’ordre aux États-Unis.

Un communiqué publié par le cabinet de la ministre québécoise responsable des Affaires autochtones, Sylvie D’Amours, indique que cette journée consacrée aux peuples autochtones offre l’«occasion de se remémorer leur histoire dans un esprit visant à lutter contre les inégalités, bannir l’injustice et de respecter la différence des nations dans l’expression de leur unicité».

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