POLITIQUE
16/09/2019 20:40 EDT | Actualisé 17/09/2019 07:20 EDT

Jour 6: Bernier aux débats, NPD vs verts, recyclage de mesures au PLC et au PCC

Une journée riche en rebondissements!

THE CANADIAN PRESS/Jacques Boissinot
Maxime Bernier (photo d'archives)

OTTAWA — Au sixième jour de la campagne électorale fédérale, Maxime Bernier pouvait afficher un grand sourire alors qu’il faisait campagne au Nouveau-Brunswick.

La commission qui organise les débats des chefs lui a envoyé une invitation.

″À la lumière de notre évaluation approfondie, j’ai la conviction que plus d’un candidat soutenu par le parti a une véritable possibilité d’être élu”, a écrit le commissaire David Johnston dans le communiqué annonçant que le Parti populaire du Canada sera des débats anglais du 7 octobre et français du 10 octobre.

À l’annonce de la décision, trois partis se sont prononcés de manière défavorable. Le Parti conservateur a accusé le commissaire de faire preuve de partialité contre lui et de favoriser les libéraux en invitant le chef du PPC. Pour les néo-démocrates, le discours de Maxime Bernier encourage “la haine” et “l’extrémisme”. Finalement, les bloquistes y voient un gain pour la démocratie, mais une perte pour “le principe de légitime et pertinente information” dans le débat.

May fait “une offre solide”

La leader des verts a mis son plan complet sur la table pendant que libéraux et conservateurs continuaient d’effeuiller les leurs, une promesse à la fois.

Elizabeth May a déposé un programme qui ne parle pas que d’environnement, mais dont chaque paragraphe - de l’économie à la santé, en passant par les affaires étrangères, l’immigration et les transports - a été pensé en fonction de la crise climatique.

“Cette plateforme offre quelque chose d’audacieux dans chaque catégorie”, s’est vantée Mme May.

Le coût de ce programme a été soumis à la loupe du Directeur parlementaire du budget.

Un vert chez le NPD et vice versa

Bonne joueuse, Mme May a salué l’arrivée d’un ancien vert comme candidat néo-démocrate dans Longueuil-Saint-Hubert, où se présente pour le Parti vert l’ancien néo-démocrate Pierre Nantel.

“Cette élection, dans Longueuil-Saint-Hubert, vient de devenir plus intéressante encore avec l’arrivée d’Éric Ferland”, a offert Mme May.

À la même heure, debout aux côtés de son nouveau candidat à Longueuil, Jagmeet Singh cherchait à établir les différences entre verts et néo-démocrates.

“On est d’accord avec les verts en matière de l’importance, l’urgence de s’attaquer à la crise climatique, mais aussi on connaît l’importance de la justice sociale”, a-t-il dit.

Le courage d’arborer barbe et turban au Québec

M. Singh a dû, encore une fois, tenter d’expliquer pourquoi, tout en dénonçant la loi sur la laïcité, il ne veut pas s’engager à la contester devant les tribunaux s’il devenait premier ministre.

“Je vais mettre mes efforts où on a des choses rassembleuses”, s’est-il justifié.

Plus tôt le matin, au microphone d’une émission de radio de CBC, il arguait que de porter barbe et turban au Québec est sa manière de défendre les droits de ceux qui s’estiment victimes de la loi québécoise sur la laïcité.

“Je porte un turban et une barbe et je suis ici au Québec. Alors donc, je suis tout à fait en train de défendre les gens. Et je suis fier de cela”, a-t-il dit. “Vous avez quelqu’un qui fait campagne dans cette province en arborant des signes de sa foi, démontrant du courage”, a-t-il également offert.

Le Bloc aussi en zone verte

Non au pétrole, oui à l’électricité, a déclaré Yves-François Blanchet en réclamant la fin des subventions fédérales aux énergies fossiles.

De passage à la centrale hydro-électrique de Mont-Laurier, le chef du Bloc québécois a calculé que depuis 2015, le gouvernement libéral a accordé presque 19 milliards $ en nouveaux investissements dans les énergies fossiles. L’achat du pipeline de Trans Mountain, au coût de 4,5 milliards $, est compris dans ces calculs.

Le bloquiste a suggéré la création d’un incitatif financier aux transporteurs qui achètent des autobus scolaires électriques.

À son avis, le transport scolaire est particulièrement propice à l’électrification: les horaires permettent la recharge et les circuits d’autobus sont plutôt courts.

Les libéraux promettent, encore une fois, des garderies

Justin Trudeau a choisi Waterloo, une ville ontarienne, pour promettre de transférer plus d’argent aux provinces afin d’améliorer l’offre des places en garderie avant et après les heures d’école.

Or, en Ontario, le gouvernement conservateur de Doug Ford a déjà averti qu’il diminuerait les services de garderies.

Le chef libéral n’a pas dit de quelle manière il s’y prendrait pour contourner la résistance du gouvernement Ford. Mais il a pu se servir de l’occasion pour attaquer tous les conservateurs.

“Ce serait un vrai problème pour plusieurs familles partout au pays, particulièrement ici en Ontario aujourd’hui, d’avoir un gouvernement fédéral qui a la même ligne de pensée que celle que le premier ministre conservateur en Ontario met de l’avant”, a-t-il laissé tomber.

Justin Trudeau a terminé la journée à Windsor, là où se trouve le coeur de l’industrie automobile canadienne. Il a encensé le bilan de son gouvernement pour être sorti des négociations sur le nouvel accord de libre-échange nord-américain avec “une victoire pour le Canada”.

Les conservateurs et les crédits d’impôt ciblés

Un gouvernement conservateur sous Andrew Scheer ramènerait les crédits d’impôt pour les activités sportives et musicales des enfants, mesures qui avaient vu le jour sous Stephen Harper.

“Les crédits d’impôt comme ça étaient très très populaires avec les familles canadiennes”, a avancé M. Scheer lors d’un arrêt à Kelowna, en Colombie-Britannique.

La semaine dernière, c’est un crédit d’impôt pour l’usage du transport en commun que M. Scheer a promis de ressusciter.

Le gouvernement libéral a aboli plusieurs de ces mesures ciblées, préférant les remplacer par une réduction d’impôt pour les moins nantis et par une allocation pour enfants. Cette allocation, les conservateurs promettent qu’ils l’a conserveraient s’ils prenaient le pouvoir.

Quant à savoir comment ils pourront payer tout ça tout en équilibrant le budget en cinq ans, M. Scheer a promis de fournir bientôt tous ses chiffres.

Retour en studio

Moins de 24 heures après avoir défendu sa chanson de campagne en français, l’équipe libérale a décidé de cesser de l’utiliser.

“Nous réalisons (...) que le français n’est pas parfait. C’est pourquoi nous n’utiliserons plus cette version et allons la réenregistrer”, a confirmé Pierre-Olivier Herbert, un porte-parole de la campagne libérale.

Le parti a fait appel au groupe canadien The Strumbellas pour utiliser sa chanson “One Hand Up” pendant la campagne électorale. C’est le groupe qui a lui-même traduit et interprété la version française.

La chanson était devenue “Une main haute” en français et sa traduction laissait à désirer.

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